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Vers une alternative au don de sang

" Le don de sang ne prend pas de vacances ". Ce rappel estival de l'Etablissement Français du sang (EFS) dont le Groupe IONIS est partenaire rappelle bien la fragilité du don, unique source de sang pour les milliers de patients ayant besoin d'une transfusion sanguine. L'annonce de la première auto-transfusion humaine de globules rouges créés à partir de cellules souches permet d'envisager une alternative. 

sang.jpg

Des chercheurs de l'Inserm-université Pierre et Marie Curie (UMR 938) dirigés par Luc Douay, l'AP-HP et l'unité d'ingénierie et de Thérapie Cellulaire de l'Etablissement Français du Sang  ont annoncé le succès de la transfusion de globules rouges cultivés (GRc) à un patient. Ces résultats ont été publiés le 1er septembre 2011 dans la revue Blood. Pour réaliser cette transfusion,  l'équipe de Luc Douay a utilisé des cellules souches hématopoïétiques (CSH). C'est à partir de ces cellules, qui ont la propriété de fabriquer tous les types de cellules sanguines, que  des globules rouges ont été cultivés. Ils ont ensuite été réinjectés au patient.

" Cette étude est la première à démontrer que ces cellules peuvent survivre dans le corps humain", a souligné Luc Douay. En effet, les cellules dérivées (les GRc) des CSH ont une maturation normale avec une demi-vie comparable aux globules rouges « normaux », soit  28 jours, dans le corps humain. Ces conclusions permettent d'entrevoir la possibilité de remédier aux manques dans les banques de sang et de diminuer les risques de transmission de virus. Si une production à grande échelle est envisagée, elle suppose la réalisation de progrès en ingénierie cellulaire, a rappelé l'auteur de l'étude.

Anabelle Planques (Sup'Biotech promotion 11)

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Source:

" Première auto-transfusion de globules rouges créés à partir de cellules souches", communiqué de presse de l'Inserm, 1er septembre 2011, http://www.inserm.fr/espace-journalistes/1ere-autotransfusion-de-globules-rouges-crees-a-partir-de-cellules-souches

Pour aller plus loin:

Luc Douay et al., "Proof of principle for transfusion of in vitro generated blood cells", publication en ligne, Blood, 1er septembre 2011, disponible sur le site http://bloodjournal.hematologylibrary.org/content/early/2011/08/30/blood-2011-06-362038


L'ASCO ouvre les perspectives de la thérapie préventive du cancer du sein

Le risque de récidive du cancer du sein peut-il être prévenu par le suivi d'un traitement ? Aux Etats-Unis, le Tamosifène, un anti-oestrogène, est l'un des traitements hormonaux proposés aux femmes présentant des risques de récidives du cancer du sein en raison, notamment, de leur âge ou de leurs antécédents.  Un essai clinique, dénommé MAP 3 portant pour la première fois sur un inhibiteur de l'aromatase, une enzyme formant l'oestrogène, ouvre une nouvelle  voie. De quoi  élargir les perspectives de la thérapie préventive du cancer du sein?  

Les résultats de l'étude ont été publiés en ligne le 4 juin dans la revue The New England Journal of Medecine  et  présentés le lendemain, lors de la 47e conférence annuelle de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO), à Chicago (Etats-Unis). Pendant 3 ans, 4 560 femmes ménopausées d'origine européenne (France, Espagne)  ou d'Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada), saines mais présentant au moins un risque de contracter un cancer du sein ( âge, antécédents, etc.) ont été suivies. Un premier groupe a reçu un placebo alors que le second a été soumis à un inhibiteur de l'aromatase, l'Aromasine (laboratoire Pfizer). Dans ce groupe, les chercheurs ont observé l'apparition de 11 cas de cancer contre 32 dans l'autre groupe.  Conclusion : la prise de l'Aromasine réduit de 65 % le risque de récidive sur 3 ans.

" Non seulement notre étude sur l'Aromasine montre une réduction impressionnante du risque de cancer du sein mais aussi d'excellents résultats concernant les effets secondaires ", a précisé le professeur Paul Goss (Université de Harvard, Massachusetts, Etats-Unis), le principal auteur de l'étude lors du congrès. Il pointe en creux le point faible du Tamosifène, l'un des traitements préventifs utilisés. Celui-ci peut provoquer, dans des cas rares, des cancers de l'utérus et des caillots de sang là où l'Aromasine provoque, en particulier, fatigue, insomnies et bouffées de chaleur.

Cette étude est-elle suffisante pour ouvrir en France l'autorisation de l'utilisation d'un médicament connu, l'Aromasine, pour  la prévention de la récidive du cancer du sein ? Des études confirmant ces résultats confrontant, par exemple, les effets respectifs du Tamisofène et de l'Aromasine sur le risque de récidive et les effets secondaires, permettrait de disposer de données nécessaires à la prise de décision.

Jehane Belal (Sup'Biotech 14)

Source:

L'anti-oestrogène Aromasine réduit de 65 % le risque de cancer du sein - dépêche AFP du 4 juin 2011

Exemestane for Breast-Cancer Prevention in Postmenopausal Women
de Paul E. Goss in The New England Journal of Medicine - 23 juin 2011, n°364, pp. 2381-2391

LifeLength, l'entreprise qui évalue l'espérance de vie... en mesurant les télomères


Fournir une estimation de l'espérance de vie pour un prix de 500 €, telle est la proposition de l'entreprise espagnole LifeLength. La mesure des télomères, ces séquences d'ADN situées à l'extrémité des chromosomes, à partir d'une analyse de sang est au centre de cette innovation.


L'entreprise espagnole de biotechnologie LifeLength (Madrid) a annoncé la commercialisation, dans le courant de l'année, d'un test sanguin qui devrait permettre de prédire l'âge biologique et donc déduire l'espérance de vie. Son prix ? 500 euros ; une somme accessible.

Créée en septembre 2010, LifeLength valorise les recherches du docteur Maria Blasco, fondatrice de la société, réalisées au Centre national de recherche oncologique de Madrid (CNIO) sur les télomères.  Leur apport ? Établir que les télomères raccourcissent à chaque mitose, jusqu'au point de faire obstacle à la réplication de la cellule et de conduire à la mort cellulaire. D'où le concept à l'origine du test sanguin : la mesure de la longueur des télomères. 

BC7251-001.jpgLa technologie repose sur la technique de fluorescence in situ hybridization (FISH). Celle-ci marque des segments souhaités qui sont ensuite visualisés par fluorescence. Les télomères étant des fragments d'ADN avec un motif répété, il suffit de déterminer la longueur par le nombre de sondes qui s'hybrident. Plus les sondes hybridées sont nombreuses, plus la fluorescence augmente.

L'annonce de la société Lifelength pose la question des conséquences de l'estimation de l'espérance de vie sur le cours de l'existence de chacun.  Elle relance aussi les interrogations sur l'utilisation qui pourrait être faite de ces tests en dehors du cercle des professionnels de la santé.  La société a indiqué commercialiser le test à destination des hôpitaux, des laboratoires et de l'industrie pharmaceutique. Les garanties de fiabilité et d'exploitation de ces tests sont-elles pour autant suffisantes ?

Anabelle Planques (Sup'Biotech 12)

Source:  The first biotechnology company that measures telomeres (communiqué de presse de LifeLength - 15 décembre 2010)


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Maladies coronariennes: la part des facteurs génétiques


Le développement des maladies coronariennes est principalement associé au mode de vie. On sait aussi qu'il résulte, à hauteur de 50%, de prédispositions génétiques. Une étude, publiée le 6 mars dernier dans la revue Nature Genetics, double le nombre de gènes connus en identifiant 13 nouveaux gènes susceptibles d'augmenter ce risque.
 
L'étude, dénommée Coronary Artery Disease Genome-wide Replication and Meta-Analysis (CARDIoGRAM), a été conduite dans le cadre d'un consortium regroupant plus de 100 centres de recherches du monde entier. L'objectif: obtenir un échantillon génétique de grande taille afin de détecter les petites variations génétiques. Les chercheurs ont ainsi étudié les données fournies par 14 études de l'ADN de plus de 140 000 personnes d'origine européenne. Parmi elles, un tiers présentait une cardiopathie alors que les autres (groupe témoin) n'en présentaient aucun signe.  L'équipe a pu établir que les personnes dont la famille connaissait des cas d'athérosclérose présentaient de petites variations du code de 13 gènes.
 
Cette étude permet d'envisager de nouveaux traitements pour ces maladies, qui sont la première cause de décès dans le monde.  « Maintenant, notre travail consiste à comprendre comment ces gènes fonctionnent, à développer un nouveau groupe de médicaments pour les cibler et à identifier les personnes les plus susceptibles d'en profiter pour réduire leur risque de crise cardiaque et d'autres événements cardiaques » a précisé l'un des auteurs de l'étude, le Docteur Robert Roberts, directeur  de l'Institut de Cardiologie de l'Université d'Ottawa (Canada).
 
Jehane Belal, promotion 2013
 
Sources:


Photo: photo libre de droits fotosearch.fr

"Une étude déterminante associe 13 nouveaux gènes à la cardiopathie", communiqué de presse de l'Université d'Ottawa,  6 mars 2011, http://www.ottawaheart.ca/french/nouvelles_publications/communiques-de-presse.htm

"Découverte de 13 gènes prédisposant aux accidents coronariens", dépêche AFP, 6 mars 2011
 
Pour aller plus loin:
 
"Large-scale association analysis identifies 13 new susceptibility loci for coronary artery disease",H. Schunkert et coll., Nature Genetics, vol. 43, 10 février 2011, p.p.333-338, disponible sur le site http://www.nature.com/ng/journal/v43/n4/full/ng.784.html.

 

Une équipe de l'INRA met en évidence les effets sur l'intestin d'un contaminant alimentaire

Quels sont les effets sur la santé des mycotoxines, ces contaminants naturels synthétisés par des microchampignons présents dans les produits alimentaires finis ? C'est à cette question qu'une équipe de l'Inra a répondu en étudiant le deoxynivalenol (DON), une mycotoxine  des céréales. Sa particularité:  présenter une forte stabilité lors des traitements technologiques des aliments. Elle se retrouve donc  dans les produits finis. D'où l'intérêt d'en comprendre les effets  sur la santé!

Pour y parvenir, les chercheurs ont testé les effets du DON sur les cellules épithéliales intestinales humaines, porcines et sur des explants d'intestins porcins. Parmi ces cellules, les entérocytes constituent une porte d'entrée pour les éléments extérieurs au corps. Suite à l'ingestion des aliments contaminés, l'équipe de l'Inra a observé in vitro comme in vivo une  diminution de l'expression des protéines dénommées "claudines",  responsables de l'intégrité de la barrière intesta-intestinale.
D'où la diminution de la fonction de barrière de l'intestin associée au DON.  Elle  augmenterait le risque d'absorption d'autres contaminants tels que les pesticides ou les métaux lourds. L'organisme serait  également  plus sensible aux infections,  notamment celles  provoquées par E coli ou des salmonelles. 


De quoi sensibiliser à la question des contaminants naturels pour en réduire la teneur et s'opposer à leurs effets!

Mylène Huck, promotion 2013
 

Sources:

Photo: fotosearch.com


 "Face aux mycotoxines l'intestin n'a qu'à bien se tenir !", fiche info presse de
l 'I N R A ,16 février 2011, http:// w w w . i n r a . f r / p r e s s e /
face_aux_mycotoxines_intestin_bien_se_tenir


Pour aller plus loin: 

"The food contaminant deoxynivalenol, decreases intestinal barrier permeability and reduces claudin expression", Philippe Pinton et coll., Toxicology and Applied Pharmacology, 2009,  vol. 237, n°1, pp. 41-48. 


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Un pas de plus dans la compréhension du mécanisme responsable de la méningite néonatale ou méningite B

La méningite néonatale touche en France, selon l’Institut Pasteur, 800 nourrissons par an. Faute de  vaccin, son taux de mortalité se situe  entre 50 et 100 décès par an. Les résultats d’une étude publiée dans le Journal of Experimental Medecine, le 25 octobre 2010, constituent une première étape  vers la possible mise au point d’un vaccin.

La méningite néonatale est provoquée par une bactérie, la « streptococcus agalactiae », streptocoque du groupe B. Une étude épidémiologique du Centre National de Références des Streptocoques   (Hôpital Cochin (AP-HP) et Institut Pasteur) avait déjà  permis d’identifier qu’un clone de streptocoque de groupe B, le ST-17, était responsable de ces méningites. Il restait à en expliquer l’hypervirulence. 

C’est chose faite avec la publication des travaux de l’équipe  dirigée  par Claire Poyart (Institut Cochin, Université Paris Descartes, Inserm, AP-HP), Marc Lecuit (Institut Pasteur, Inserm, Université Paris Descartes) et Patrick Trieu-Cuot (Institut Pasteur).

Les chercheurs ont identifié, par reproduction expérimentale de l’infection néonatale humaine,  la protéine responsable de cette virulence, la protéine HgvA. Celle-ci  permet l’adhésion in vitro de cette bactérie dans les cellules constituant, notamment, la barrière hémato-encéphalique, laquelle protège le cerveau du sang circulant dans le corps.


Pour leurs auteurs,  ces résultats apportent une première explication moléculaire à l’induction des méningites par ce streptocoque. Ils devraient également permettre, à terme, de travailler sur l’inhibition de l’hypervirulence du clone afin de mettre au point  de nouveaux outils de diagnostic et de prévention des méningites de ce type.

Cassandra Comme, promotion 2013

Sources:

Photo: David Goehring


“Une avancée majeure dans la compréhension de la méningite du nouveau-né à streptocoque du groupe B”, communiqué de presse de lʼInstitut Pasteur, 18 octobre 2010, disponible sur le site de l’Institut Pasteur, http://www.pasteur.fr/ip/easysite/go/03b-00004c-01c/presse/communiques-de-presse/2010/une-avancee-majeure-dans-la-comprehension-de-la-meningite-du-nouveau-ne-a-streptocoque-du-groupe-b

Pour aller plus loin:

“The surface protein HvgA mediates Group B streptococcus hypervirulence and meningeal tropism in neonates”, Journal of Experimental Medicine, 25 octobre 2010. vol. 207, pp.  20313-20322, Asmaa Tazi, Olivier Disson, Samuel Bellais,  Abdelouhab Bouaboud, Nicolas Dmytruk, Shaynoor Dramsi , Michel-Yves Mistou , Huot Khun, Charlotte Mechler, Isabelle Tardieux , Patrick Trieu-Cuot, Marc Lecuit, Claire Poyart,  disponible sur le site du Journal of Expérimental Medecine: http://jem.rupress.org/content/current

 Pour plus d’informations sur la méningite:

consulter la fiche sur la méningite, rubrique "fiches sur les maladies infectieuses" sur le site de l'Institut Pasteur: http://www.pasteur.fr/ip/easysite/go/03b-00000j-0hn/meningites

Des prédispositions génétiques à la résistance au virus du SIDA

Sommes-nous égaux face au virus du SIDA? On savait que certaines personnes présentaient une résistance au virus. Une équipe dirigée par le professeur Stylianos Antonarakis de l'Université de Genève, en collaboration avec des chercheurs de l'université de Lausanne, en a découvert l'origine. Les résultats de leurs travaux ont été publiés, le 30 septembre 2010, dans la revue PLoS Pathogens.

La résistance au virus du SIDA  s'expliquerait par l'existence d'une variation génétique. Celle ci diminuerait les risques d'infection et ralentirait l'évolution de la maladie chez les personne infectées. Après avoir déterminé le gène protecteur, les chercheurs  ont attesté de son hérédité sur des lignées cellulaires. L'efficacité de ce gène a été vérifiée in vivo par le suivi de 800 patients. Ils ont observé chez les patients présentant ce variant génétique une évolution moins rapide de la maladie.

Cette découverte pourrait permettre une avancée dans la création d'un vaccin contre le virus du sida et peut-être constituer une alternative aux trithérapies. L'étude du mécanisme d'action de ce gène pourrait permettre de recréer chez l'homme une immunité face au virus.

Source:


"Sida: les gènes comptent", communiqué de presse de l'UNIGE, 26 novembre 2010, disponible sur le site de l'université de Genève: http://www.communique-de-presse.com/index2.php?option=com_content&do_pdf=1&id=6813

Pour aller plus loin:

"Phylogenetic approach reveals that virus genotype largely determines HIV set-point viral load", S.Alizon , V.von Wyl , T. Stadler , RD  Kouyos , S. Yerly , B. Hirschel , J. Böni , C. Shah ,T.  Klimkait , H.Furrer , A. Rauch , PL.Vernazza , E.Bernasconi, M.Battegay ,  P. Bürgisser , A. Telenti ,  HF Günthard, S. Bonhoeffer S, the Swiss HIV Cohort Study, PLoS Pathogens en ligne , 30 septembre 2010,  disponible sur le site: http://www.plospathogens.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.ppat.1001123

Un nouveau traitement contre l'obésité

Par Adrien Callou, Yohann Dickx et Pauline Grisel, étudiants promotion 2013

L’obésité est définie comme une accumulation trop importante de tissu adipeux blanc pouvant nuire à la santé de l’individu. Elle est considérée comme une maladie depuis 1997 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; c’est une maladie multifactorielle dont l’implication des facteurs génétiques et épigénétiques (environnement, hygiène de vie) est encore mal connue.

L’obésité progresse
 
3obesite.jpgL’obésité connaît une importante progression en France et dans le monde. En effet, le pourcentage de personnes obèses (indice de masse corporelle > à 30) était d’environ 6  % en France en 1985 et est passé à 15 % en 2001. Ceci étant dû à une augmentation de la « malbouffe » dans les pays développés où l’accès à la nourriture est très facile, chaque coin de rue possédant au moins un supermarché ou un restaurant. Dans le monde, l’OMS estimait à 400 millions le nombre d’adultes obèses en 2005 et en prévoit d’ici 2015 700 millions [1]. En plus de toucher un nombre de plus en plus important de personnes, l’obésité se répand parmi toutes les classes sociales et toutes les tranches d’âge, c’est pourquoi elle est considérée par l’OMS comme l’épidémie du siècle.
 
Les principales conséquences sur la santé liées à l’obésité sont une augmentation du risque de maladies cardio-vasculaires, telles que les cardiopathies et les accidents vasculaires-cérébraux, une augmentation du risque de développer un diabète et des troubles musculo-squelettiques dus à la surcharge pondérale [1].
 
2jogging.jpgL’ensemble de ces complications implique aussi une augmentation des dépenses de santé, à laquelle les individus et les pays ne peuvent faire face, d’où la nécessité d’un traitement adaptable à tous et ne nécessitant pas d’infrastructures ni de matériel spécialisés. Ceci appelle donc à la découverte de traitements médicamenteux, ou par d’autres techniques, contre cette maladie.
 
Il n’existe pas aujourd’hui de traitements définitifs contre l’obésité. En effet, les seuls moyens de lutte existants sont les différents régimes et l’activité physique qui, lorsqu’ils ne sont pas suivis, conduisent à une reprise de poids due à la tendance naturelle des adipocytes blancs à restocker les graisses. Les traitements médicamenteux développés jusqu'à présent ont quant à eux été abandonnés à cause d’effets secondaires trop importants. Il a été récemment découvert dans une étude publiée dans The New England Journal of Medicine qu’un autre tissu adipeux, le tissu adipeux brun, permettrait de lutter contre cette maladie.
 
Les graisses brunes : une nouvelle voie contre l’obésité
 
La communauté scientifique sait depuis plusieurs années que le tissu adipeux brun brûle les graisses, contrairement au tissu adipeux blanc qui les stocke grâce à une grande vacuole stockeuse de lipides. Ces graisses brunes sont caractérisées par une protéine spécifique : la thermogénine (ou UCP-1) qui serait responsable de la thermogenèse de ces graisses brunes, c’est à dire la « combustion » de lipides pour libérer de la chaleur. Ce tissu adipeux brun est bien connu chez les mammifères hibernants qui utilisent la production d’énergie sous forme de chaleur pour recouvrir peu à peu une température normale à la fin de l’hiver.
 
2coubrun.jpgRécemment, les physiologistes pensaient encore que ces graisses brunes n’existaient que chez le nourrisson humain (3 ans maximum). Mais courant 2009, cinq études ont démontré que l’homme adulte possédait lui aussi des graisses brunes [2]. L’hypothèse de graisses brunes chez l’adulte est venue, non pas des physiologistes, mais des radio-oncologues qui utilisent l’imagerie médicale pour détecter la présence de tumeurs. En effet, nous savons que les cellules cancéreuses dégagent plus de chaleur que les cellules saines de part leur hyperactivité. Beaucoup de clichés d’imagerie montraient la présence de zones actives le long du cou ou des clavicules.
 
Ces zones actives étant réparties symétriquement des deux côtés du cou, divers articles de médecine du début des années 2000 ont émis l’hypothèse de la présence de tissu adipeux brun. Celle-ci a été confirmée grâce à la mise en évidence de la protéine UCP-1, caractéristique de ce tissu, qui prouve bien la présence de graisses brunes chez l’adulte [2]. L’identification de nouvelles molécules impliquées dans la régulation des différents tissus adipeux permet d’envisager un nouveau type de traitement contre l’obésité utilisant les propriétés particulières du tissu adipeux brun.
 
De nouvelles études
 
En janvier 2009, une étude [3] a été publiée dans la revue Nature qui mettait en évidence l’action d’une protéine particulière : ATF4 (Activating Transcription Factor 4). Ce facteur de transcription, lorsqu’il est inhibé, favorise l’expression de UCP1, 2 et 3 suggérant une augmentation de la thermogenèse. ATF4 favoriserait aussi la β-oxydation et donc une utilisation des graisses blanches par le muscle. Cette augmentation des dépenses énergétiques causée par ATF4 dans la régulation du métabolisme des lipides et de la thermogenèse permettrait donc aux personnes obèses de pouvoir maigrir sans faire de sport, leur mobilité étant réduite du fait de leur surcharge pondérale.
 
2medicament.jpgLa société privée américaine Acceleron Pharma développe un médicament, actuellement en phase clinique 1 (première phase testant non pas encore l’efficacité du médicament, mais son action sur le métabolisme humain), basé sur la molécule ACE-435 qui inhibe la voie de signalisation de certains membres de la superfamille des TGFs (facteurs de croissance transformants) impliqués dans la différenciation du tissu adipeux blanc. Ce médicament favorise ainsi le développement du tissu adipeux brun qui, stimulé, conduit à une perte de poids.
 
Bien que la perspective de traiter l’obésité par l’utilisation du tissu adipeux brun soit prometteuse, les possibles médicaments sont au mieux en phase clinique 1, ce qui ne permet pas d’envisager un traitement avant plusieurs années. De plus, l’abondance du tissu adipeux brun étant une caractéristique physiologique, elle diffère chez chaque individu, ce qui laisse présager une efficacité différente chez chaque personne. Enfin, l’obésité étant une maladie multifactorielle, le fait d’intervenir sur l’un des facteurs ne permettrait pas nécessairement de la traiter de manière définitive.
 
2) Chunxia Wang et al., ATF4 regulates lipid metabolism and thermogenesis, NATURE, 12 janvier 2010
3) M.C. Zingaretti et al., The presence of UCP1 demonstrates that metabolically active adipose tissue in the neck of adult humans truly represents brown adipose tissue, FASEB J., 23, 3113 ; W.D. van Marken Lichtenbelt et al., Cold-Activated Brown Adipose Tissue in Healthy Men, N. Engl. J. Med., 360, 1500 ; A.M. Cypess et al., Identification and Importance of Brown Adipose Tissue in Adult Human, N. Engl. J. Med., 360, 1509 ; K.A. Virtanen et al., Functional Brown Adipose Tissue in Healthy Adults, N. Engl. J. Med., 360, 1518 ; M. Saito et al., Brown, Fat in Humans: Turning up the Heat on Obesity Diabetes, 58, 1526, 2009.

Thérapie génique: un succès pour l'essai clinique de phase I/II sur la B-thalassémie


L'équipe du  Professeur  Leboulch (CEA, Inserm, APHP, universités Paris 11, Paris Descartes, Paris Diderot, Havard, de Pennsylvanie) avait été autorisée en 2006, par l’Affsaps, à lancer des essais cliniques de phase I/II sur une thérapie génique portant sur la B-thalassémie. Un premier patient avait été intégré au protocole en 2007. Il mène depuis maintenant 3 ans une vie normale.

La B-thalassémie est une maladie génétique héréditaire touchant la B-globine, une partie de l’hémoglobine, empêchant ainsi les globules rouges de transporter l’oxygène. Le communiqué de presse du  CEA indique que près de 200 000 enfants par jour naissent atteints de cette maladie dans le monde, soit 5% de la population mondiale.

Les traitements existants sont très lourds. Pour survivre, les patients doivent subir des transfusions sanguines mensuelles  afin de maintenir leur taux d’hémoglobine compatible avec une vie normale. Mais celles-ci entraînent une accumulation de fer dans le sang pouvant causer la mort du patient. Reste la greffe de moelle osseuse, le seul traitement curatif existant. Il reste marginal. En effet,  seuls les enfants et les adolescents, soit 20% des malades peuvent y avoir accès,  à la condition  difficile à remplir, de trouver un donneur.  Le risque de rejet de la greffe reste important. D’où l’intérêt du recours à la thérapie génique mis en place par l’équipe du professeur Leboulch.

La stratégie pour traiter cette maladie a été de prélever les cellules souches hématopoïétiques (CSH) du patient pour les transfecter grâce à un vecteur étonnant, un dérivé du virus du SIDA inactivé. Celui-ci  a permis d’insérer le gène codant pour la B-globine afin qu’il soit exprimé dans les globules rouges (qui dérivent des CSH) de manière spécifique et suffisante.

En janvier 2010, l’Afssaps a autorisé l’inclusion d’un nouveau patient dans ce protocole.  Reste à espérer que l’insertion du nouveau gène par ce vecteur ne perturbera pas l’expression d’autres gènes. Lors des essais sur des enfants atteints d’un déficit immunitaire combinée sévère (DICS), l’utilisation d’un vecteur rétroviral avait provoqué le développement de leucémies chez des enfants traités.

Anabelle Planques, promotion 2012

Sources:


Photo: virus du SIDA, FoeNYX, 2004


"Premier succès d'un essai clinique en thérapie génique pour la béta-thalassémie", communiqué de presse du CEA, 16 septembre 2010,  disponible sur le site du CEA: http://www.cea.fr/presse/liste_des_communiques/premier_succes_d_un_essai_clinique_en_therapie_g-37989

Pour aller plus loin:

"Transfusion independence and HMGA2 activation after gene therapy of human β-thalassemia", M. Cavazzana‐Calvo, E.Payen, O.Negre, G.Wang, K. Hehir, F. Fusil, J. Down, M.Denaro, T. Brady, K. Westerman, R.Cavallesco, B. Gillet‐Legrand, L.Caccavelli, R. Sgarra, L.Maouche‐Chrétien, F. Bernaudin, R. Girot, R.Dorazio, G.Mulder, A. Polack, A. Bank, J.Soulier, J.Larghero, N. Kabbara, B. Dalle, B. Gourmel, G.Socié, S.Chrétien, Nathalie Cartier, Patrick Aubourg, Alain Fischer, Kenneth Cornetta, Frédéric Galacteros, Yves Beuzard, Eliane Gluckman, Frederick Bushman, Salima Hacein‐Bey‐Abina & Philippe Leboulch, Nature, 16 septembre 2010, pp. 318-322, disponible sur le site de la revue Nature, http://www.nature.com/nature/journal/v467/n7313/full/nature09328.html

L'ocytocine stimule l'activité de succion des nouveaux-nés !

Connue jusqu’alors pour son rôle dans l’allaitement et dans le déclenchement de l’accouchement, l’ocytocine permettrait également de traiter des troubles alimentaires chez les nouveaux-nés. C’est ce qu’a prouvé l’équipe de recherche de l’Inserm (UMR 910), dirigée par Françoise Muscatelli, dans une étude publiée en ligne sur le site de la revue Human Molecular Genetics, le 28 septembre 2010.


Les travaux de l’équipe de l’Inserm ont porté sur l’un des gènes, le Magel 2, impliqué dans le syndrome de Prader Willi. Cette maladie génétique orpheline touche 1 naissance sur 20 000.  Elle entraîne, entre autres, des troubles de la succion qui provoquent des difficultés graves dans l’alimentation du nouveau né.

L’équipe de chercheurs a démontré, à partir d’une expérience sur des souriceaux, l’origine du trouble du réflexe de succion: l’absence du gène Magel 2. Celle-ci induirait  une diminution de la quantité d’ocytocine dans le cerveau des souris. En cause: l’absence de synthèse de cette hormone dans l’hypotalamus.  Mais en traitant les souriceaux avec l’ocytocine, les chercheurs sont parvenus, avec succès, à rétablir un comportement alimentaire normal.

Ces résultats permettent d’envisager une alternative aux méthodes d’alimentation lourdes, telles que le gavage gastrique, qui était utilisé jusqu’alors dans le traitement des troubles alimentaires du nouveau -né.

Jehane Belal,  promotion 2014


Sources:

Photo: Jacqueline Godany

“L’ocytocine : un espoir pour les nouveau-nés présentant des troubles de la succion ?”, communiqué de presse de l’Inserm, 18 octobre 2010, disponible sur le site: http://www.inserm.fr/actualites/les-dernieres-actualites/l-ocytocine-un-espoir-pour-les-nouveau-nes-presentant-des-troubles-de-la-succion

Pour aller plus loin:

"A single postnatal injection of oxytocin rescues the lethal feeding behaviour in mouse newborns deficient for the imprinted Magel2 gene",  Human Molecular Genetics,  publié en ligne le 28 septembre 2010, F. Schaller, F. Watrin, R. Sturny, A. Massacrier, P. Szepetowski, F. Muscatelli, disponible sur le site: http://hmg.oxfordjournals.org/content/early/2010/09/28/hmg.ddq424


Pour plus d’informations concernant le syndrome de Prader Willi:
consulter le site d’Orphanet: http://www.orpha.net/consor/cgi-bin/Disease_Search.php?lng=FR&data_id=139&Disease_Disease_Search_diseaseGroup=-Prader-Willi&Disease_Disease_Search_diseaseType=Pat&Maladie%28s%29/groupes%20de%20maladies=Syndrome-de-Prader-Willi--Syndrome-de-Willi-Prader-&title=Syndrome-de-Prader-Willi--Syndrome-de-Willi-Prader-&search=Disease_Search_Simple

les steaks clonés arrivent dans nos assiettes!

Achèteriez-vous des burgers à base d'aliments clonés dans votre fast-food préféré? C'est en tout cas ce que la Commission Européenne veut éviter. Dans un communiqué de presse du 19 octobre, la Commission Européenne propose l'interdiction pendant cinq ans du clonage d'animaux d'élevage destinés à l'alimentation.

Cette décision est avant tout une réponse au malaise suscité cet été, au Royaume-Uni, par la commercialisation de viandes provenant d'animaux clonés. Pourtant, il semblerait que cette réaction s'appuie surtout sur le principe de précaution. En effet,  comme le rappelle l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), dans un communiqué de presse du 17 septembre, il n'a jamais été démontré que les aliments originaires d'animaux clonés étaient différents des aliments provenant d'animaux conventionnels. D'après l'EFSA, ces aliments ne causeraient donc aucun danger pour l'être humain. Néanmoins, dans ce même document, l'EFSA souligne que les données disponibles ne concernent que les espèces bovines et porcines sur lesquelles de nombreuses recherches ont été menées. On en connaît donc très peu sur les risques que pourrait causer la consommation d'autres espèces clonées.

Cette proposition, si elle est adoptée par le Parlement Européen, ne concernera pas le clonage d'animaux destinés à la recherche mais seulement le clonage à des fins alimentaires. Il faudra donc peut-être attendre quelques années avant de pouvoir déguster un steak de bœuf cloné.

Stéphanie Pete, promotion 2012


Sources :

 “La Commission favorable à une suspension temporaire du clonage animal destiné à la production de denrées alimentaires dans l’UE,” communiqué de presse de la Commission européenne, 19 octobre 2010, disponible sur le site http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/10/1349&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en" http://europa.eu/rapi/pressReleasesAction.do?reference=IP/10/1349&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en

“L’EFSA passe en revue les dernières recherches sur le clonage des animaux”, actualités de l’EFSA, 17 septembre 2010, disponible sur le site de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA):   http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/sc100917.htm?wtrl=01" http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/sc100917.htm?wtrl=01

 

les acides gras trans, amis ou ennemis?


Les résultats d’une étude clinique, dirigée par les chercheurs de l’INRA de Clermont-Ferrand et l’Université d’Auvergne, montrent que certains acides gras trans contenus dans le lait de vache permettraient de réduire le taux de cholestérol. Il existerait donc de bons acides gras trans!

Les participants à cette étude ont ingéré du lait provenant de vaches ayant suivi un régime alimentaire destiné à modifier la composition du lait. Il a été enrichi en acides gras trans et appauvri en acides gras saturés. Les chercheurs ont alors observé qu’une alimentation constituée à 63% d’acides gras saturés et 4% d’acides gras trans diminuait significativement le taux de cholestérol total. D’après leur calcul statistique, la consommation de ces acides gras permettrait de réduire de 9,5% le risque d’infarctus du myocarde. L’augmentation des acides gras trans doit cependant rester limitée.

Les conclusions de cette recherche permettraient à la filière laitière de produire un lait qui serait en accord avec les recommandations du Plan National Nutrition Santé (PNNS), en jouant sur l’alimentation des vaches. Elles devraient pour cela se nourrir d’herbe verte et grasse au printemps ou de produits riches en oméga 3 en hiver permettant d’obtenir des caractéristiques identiques en matière grasse dans le lait.


Les acides gras trans, qui étaient jusqu’alors mis à l'index et considérés comme de « mauvaises graisses », pourraient bien faire l’objet d’une appréciation révisée.
                                                                                                                                                                     

Mylène Huck, promotion 2013

Source:

“Les acides gras trans : un ennemi qui sait se montrer bénéfique pour le cœur !”, fiche de presse Info de l’INRA, 5 octobre 2010, disponible sur le site de l’INRA:  http://www.inra.fr/presse/acides_gras_trans_ennemi_benefique_pour_le_coeur

Pour aller plus loin:


“Differential impact of milk fatty acid profiles on cardiovascular risk biomarkers in healthy men and women”, European journal of clinical nutrition,  vol. 64, juillet 2010, pp.752–759, C. Malpuech-Brugère, J. Mouriot, C. Boue-Vaysse, N. Combe, J.-L. Peyraud, P. LeRuyet, G. Chesneau, B. Morio1, J.-M. Chardigny,  publié en ligne le 19 mai 2010, disponible sur le site de la revue Nature http://www.nature.com/ejcn/journal/v64/n7/abs/ejcn201073a.html
 

un marqueur biologique découvert dans les cancers

Avec son équipe de l’Unité Inserm 955 (Institut Henri Mondor de recherche biomédicale), Nicolae Ghinea a découvert que le récepteur de l’hormone folliculo stimulante (FSH) est exprimé dans le réseau vasculaire des cancers. Il pourrait être utilisé comme bio marqueur. Les résultats de cette recherche , publiés dans la revue The New England Journal of Medicine le 21 octobre, ouvrent des perspectives pour le diagnostic et le traitement des cancers.

Cette découverte repose sur l’hypothèse selon laquelle le réseau vasculaire pourrait exprimer des marqueurs spécifiques. Pour la vérifier, l’équipe de Nicolae Ghinea a recherché la présence du récepteur à la FSH, normalement absent des tissus sains, dans ces vaisseaux sanguins. Les tests ont été réalisés sur 11 types de cancers (prostate, seins, colon, pancréas, vessie, rein, poumon, oie, estomac, testicules et ovaires) à différents stades, à partir de biopsies prélevées sur 1336 patients.

L’utilisation des techniques d’immunohistochimie et d’immunoblotting a permis d’établir que  le récepteur à la FSH était exprimé dans la partie luminale - c’est à dire celle qui est en contact avec le sang des vaisseaux sanguins. Cette  propriété permettra de réaliser le diagnostic d’un cancer par simple injection d’un marqueur de ce récepteur. Celui-ci serait ensuite visualisé  par des techniques d’imagerie habituelles. La technique a déjà été testée  avec succès chez la souris par microscopie immunoélectronique par l’équipe de Nicolae Ghinea.  Il reste donc à confirmer ces résultats par l’utilisation des procédures hospitalières habituelles (RMN, TEP etc.).  Mais la découverte du biomarqueur ouvre également des perspectives thérapeutiques, puisqu’il pourrait être utilisé pour des traitements afin de cibler les cancers.

Anabelle Planques, promotion 2012

Sources:

“Cancer : découverte d’un marqueur biologique très prometteur”, communiqué de presse de l’Inserm, 20 octobre 2010, disponible sur le site de l’Inserm: http://rechercher.inserm.fr/cgi-bin/findall?C=161&X=1&LANG=FRANCAIS&KEYWORDS=nicolae

Christine Courcol, “Un marqueur unique découvert dans toute une gamme de cancers”, dépêche AFP, 20 octobre 2010, disponible sur le site http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ilGczCQkQ51wFCRQCuQ9n_snl6fA?docId=CNG.2cee7ae3ded9b63e98f0bf525e6b2927.7c1

Pour aller plus loin:

"Expression of Follicle-Stimulating Hormone Receptor in Tumor Blood Vessels",
A. Radu, C. Pichon, Ph. Camparo, M. Antoine, Y. Allory, A. Couvelard, G. Fromont, M.-Th.Vu Hai, N. Ghinea, The New England Journal of Medicine, vol. 363, 21 octobre 2010, pp. 1621-1630, disponible sur le site de cette revue: http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1001283


 

Biotechpress : l'OMS tente d'éradiquer la poliomyélite en Afrique

 La semaine du 26 octobre 2010 a été marquée par le lancement par l’OMS, dans 15 pays d'Afrique, de l'une des plus grandes campagnes de vaccination jamais menées contre la poliomyélite. Un seul but: tenter d'éradiquer le virus de la poliomyélite en vaccinant, en une semaine, 72 millions d'enfants. La poliomyélite est un virus très contagieux, touchant principalement les enfants de moins de 5 ans. En 2009, il s'était répandu, à partir du Nigeria, zone endémique, dans plusieurs pays Africains qui l'avaient pourtant éradiqué.

Les moyens mis en place pour cette campagne de vaccination

290 000 bénévoles faisant du porte à porte pour administrer un vaccin oral bivalent (Vaccin Poliomyélitique Oral bivalent ou VPOb). Ce vaccin, déjà utilisé par l'OMS en Afghanistan en décembre 2009,  compile deux souches virales (type 1 et type 3). C’est justement ce qui en explique l’efficacité par rapport aux vaccins monovalents ou trivalents utilisés auparavant. Selon une étude publiée par l'OMS sur le site de la revue The Lancet, ce vaccin pourrait, dans le cas d’une utilisation généralisée, diminuer le  nombre de malades de près de 90 %. Mais à la différence des vaccins injectables, le VPOb contient un virus vivant - et non inactivé. Son utilisation présente donc le risque de provoquer l'émergence d'un nouveau virus de la polio.
 
L'ampleur de cette campagne de vaccination et son coût, estimé à 46,2 milliards de dollars, ne la rendent pas à eux seuls atypique. Elle est surtout le fruit d'une une action conjointe des gouvernements africains, les ONG, les fonds de donations, des fonds de pensions internationaux ainsi que de l'OMS. Cette campagne présente donc l'un des critères essentiels de réussite : la simultanéité.

Renaud Confavreux, promotion 2013


Sources:

Photographie : www.fotosearch.fr site libre de droits


"Une chance unique d'éliminer la polio en Afrique", communiqué de presse de l'OMS, 26 octobre 2010, disponible sur le site http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2010/polio_20101026/fr/index.html


La rédaction de LeMonde.fr, "Des chercheurs valident l'efficacité du vaccin bivalent contre la polio", LeMonde.fr, 26 octobre 2010, disponible sur le site LeMonde.fr: http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/10/26/des-chercheurs-valident-l-efficacite-du-vaccin-bivalent-contre-la-polio_1431178_3244.html
 
Sandrine Cabut, " Poliomyélite: un vaccin porteur d'espoir", Le Figaro, 1er novembre 2010, disponible sur le site du Figaro: http://www.lefigaro.fr/sante 2010/10/31/01004-20101031ARTFIG00235-poliomyelite-un-vaccin-porteur-d-espoir.php
 
Pour plus d'informations concernant la poliomyélite:

 consulter le site de l'OMS: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs114/fr/index.html
le site de l'Instut Pasteur, rubrique "fiche sur les maladies infectieuses", "la poliomyélite, http://www.pasteur.fr/ip/easysite/go/03b-00000j-0hq/poliomyelite

Pour aller plus loin:

"Immunogenicity of bivalent types 1 and 3 oral poliovirus vaccine: a randomised, double-blind, controlled trial," The Lancet, vol. 376, 13 novembre 2010, pp.1682-1688
Roland W Sutter , T Jacob John, Hemant Jain, Sharad Agarkhedkar, Padmasani Venkat Ramanan, Harish Verma, Jagadish Deshpande, Ajit Pal Singh, Meghana Sreevatsava, Pradeep Malankar, Anthony Burtona, Arani Chatterjee, Hamid Jafari, R Bruce Aylward, disponible sur le site de The Lancet: http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2810%2961230-5/fulltext

 

 

Polyphénols du vin rouge et maladies cardiovasculaires

Dans les années 1980, statisticiens et cardiologues, tels que le Pr Serge Renaud de l'Université de Bordeaux, ont observé que malgré une alimentation plus riche en graisse que la moyenne européenne, le taux de cholestérol sanguin des Français n’est pas plus élevé qu’ailleurs : c’est le « french paradox ». Sachant que les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de décès dans le monde, cette originalité suscite l’intérêt de nombreux scientifiques qui se mettent à étudier de près les habitudes alimentaires des français. Ce pourrait-il qu’après 30 ans de recherche, ce paradoxe  offre la possibilité d’établir de nouvelles thérapies contre les maladies cardiovasculaires ?  Par Masaya OSHIMA, Laurent PONCE, Tiffany SOUTERRE, promotion 2013

Le vin rouge, un acteur clé

Un critère distingue la France des autres pays : sa consommation de vin hors pair, avec une moyenne de 54 litres de vin par habitant et par an, d’après une étude de l’Insee de 2008. L’équipe du Pr Serge Renaud a donc effectué une étude, de 1978 à 1983, sur 36 250 Français dont 28 % buvaient de la bière, 61 % du vin et 11 % d’abstinents. Une tendance est ressortie de cette étude : la consommation de vin réduit fortement le taux de décès par maladies cardiovasculaires(1).
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L’hypothèse privilégiée par les chercheurs trouve sa source dans les composantes du vin contenant près de 200 polyphénols* différents. Les polyphénols ne sont pas spécifiques au vin rouge. Surtout présents dans les végétaux, ils composent une grande partie de notre alimentation comme les légumes, le chocolat, le thé et certains fruits dont le raisin(2). De plus, ils n’ont pas tous les mêmes propriétés. Ainsi, ceux contenus dans la peau de raisin sont particulièrement connus pour leurs effets antioxydants, mis en évidence grâce aux études publiées par Emile Andriambeloson en 2007(3). Pendant longtemps, l’étude d’un polyphénol particulier, le resvératrol, a été privilégiée ; ce dernier étant très abondant dans le vin. L’action cardio-protectrice du resvératrol a été mise en évidence par l’équipe du Dr Frankel en 1993. La consommation de resvératrol permettrait à l’organisme de réduire l’oxydation les lipoprotéines de type LDL (Low Density Lipoprotein), responsable de la formation du cholestérol (4).
 
Le « french paradox» dévoilé ?
 
Jusqu’ici, le « French Paradox » reposait sur des études épidémiologiques. Bien que très nombreuses, ces études ne suffisent pas à expliquer pourquoi la consommation modérée de vin rouge est associée à une réduction du risque de maladies cardiovasculaires. Les polyphénols, dont le resvératrol, sont depuis longtemps identifiés comme étant des acteurs de ce paradoxe, mais leurs mécanismes d’action restaient jusqu’alors mystérieux. Cependant, Andriantsitohaina Ramaroson, directeur de recherche au sein du laboratoire « Biologie neuro-vasculaire intégrée », et son équipe (unité mixte de recherche CNRS 6214/Inserm 771, Université d'Angers) ont réussi à lever le voile, dans leur publication de janvier 2010(5), sur les interrogations que suscitait ce « french paradox ».
 
L’hypothèse d’Andriantsitohaina Ramaroson repose sur la similitude qui existe entre la structure de certains polyphénols et les œstrogènes. En effet, les polyphénols, notamment le resvératrol et la delphinidine, activeraient les sous-types α du récepteur aux œstrogènes induisant la production de monoxyde d’azote par les cellules endothéliales*. L’activation de la voie de biosynthèse du monoxyde d’azote dans les cellules endothéliales induit par la suite une réduction du risque de maladies cardiovasculaires.Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques avec notamment la création de médicaments destinés à la prévention de maladies cardiovasculaires.
 
Des perspectives intéressantes : les OGM
 
La révélation progressive des mécanismes d’action des polyphénols conduit à une mise en avant des aliments comme le vin et le chocolat. Cette percée scientifique profite également au marché des suppléments et aussi à de nouveaux procédés de fabrication pour les aliments. Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) sont aussi de la partie. Dans le cadre du projet européen Flora visant à établir le lien entre régime alimentaire et santé, ainsi que les effets bénéfiques des flavonoïdes (une subdivision des polyphénols) sur les maladies, des scientifiques ont réussi à mettre au point une tomate à haute teneur en anthocyanines, des antioxydants de la classe des flavonoïdes(6).
 
Accroître la concentration de flavonoïdes, solubles dans l’eau, serait bénéfique non seulement à cause des propriétés individuelles de ces composants, mais également parce qu’on estime que la combinaison dans l’alimentation d’antioxydants solubles dans l’eau et d’autres dissous dans la graisse offre une plus grande protection contre les maladies cardiovasculaires. Pour l’heure, aucune étude scientifique n’a encore démontré que la consommation de ces OGM comportait plus de risques que la consommation d’aliments traditionnels. Mais des organismes scientifiques, comme la British Medical Association, sont d’avis qu’une alimentation variée reste encore le moyen le plus efficace de consommer une grande diversité de polyphénols.
 
 * Les polyphénols sont caractérisés, par la présence de plusieurs groupements phénoliques associés en structures plus ou moins complexes généralement de haut poids moléculaire. Ces composés sont les produits du métabolisme secondaire des plantes qui ont un rôle d’antioxydants naturels.
 
  * L’endothélium est la couche la plus interne des vaisseaux sanguins en contact avec le sang.

(1)    Serge C., Wine, Beer, and Mortality in Middle-aged Men From Eastern France, Internal Medicine, Septembre 1999, p1

(2) Nicolas Güggenbühl, Les polyphénols sont à la fête, Health and Food, Décembre 2003, p.1

(3) Andriambeloson E., Nitric oxide production and endothelium-dependent vasorelaxation induced by wine polyphenols in rat aorta, British Journal no6, 1997, p.2

(4) Frankel, Waterhouse, Kinsella, Inhibition of human LDL oxidation by resvératrol, Lancet, Avril 1993, p.1

(5) Matthieu Chalopin, Estrogen Receptor Alpha as a Key Target of Red Wine Polyphenols Action on the Endothelium, PLoS ONE, Janvier 2010, p.3

(6) Eugenio Butelli, Enrichment of tomato fruit with health-promoting anthocyanins by expression of select transcription factors, Nature Biotechnology, Octobre 2008, p.2

 

 

 

Du chocolat contre les coups de soleil

Du chocolat contre les coups de soleil

Cassandre LEBLANC, Camille NOGIER, Marion SARDA, promotion 2013

Les framboises, le thé vert ou encore les canneberges, qui font partie de notre alimentation courante, ont déjà prouvé leurs effets antioxydants, bénéfiques pour l’organisme. Leur prise est facile et ne nécessite pas un budget « santé » important. D’après l’étude menée par l’équipe du Dr Heinrich (Institut für Experimentelle Dermatologie, Allemagne), le chocolat rentrerait également dans cette catégorie d’aliments en réduisant notre sensibilité aux coups de soleil (1). En effet, la consommation quotidienne et régulière de polyphénols, contenus entre autres dans le cacao, permettrait de prévenir les effets indésirables des UV comme les érythèmes, lésions cutanées de la peau, et la préparerait ainsi aux diverses agressions du soleil.

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Un chocolat d'un nouveau genre

C’est sur cette étude que s’est fondé Barry Callebaut, industriel du chocolat et leader mondial des innovations à base de cacao et de chocolat, pour créer son chocolat ACTICOA™, préparé selon un procédé du même nom (2). Ce chocolat conserve 50 % de plus de polyphénols naturels que le chocolat de préparation traditionnelle. Lorsque l’on sait que les polyphénols représentent une famille de molécules organiques qui se distinguent par un haut pouvoir antioxydant, on peut comprendre qu’ils transfèrent à ce chocolat leur pouvoir antioxydant et anti-inflammatoire. Ces propriétés permettraient-elles alors de prévenir les effets nocifs de l’exposition au soleil ?

Neutralisation des radicaux libres

On sait que le bronzage est le signe de l’agression du soleil sur la peau. À long terme, les UV favorisent le vieillissement de la peau en abîmant les fibres de collagène et entraîne l'apparition de cancers cutanés. En effet, agressés par les UV, les kératinocytes, cellules de la peau, adressent un message d’alerte sous la forme d’une substance appelée cytokine aux mélanocytes situés sur la couche basale de l’épiderme. Ces cellules vont alors produire un pigment, la mélanine, qui va se placer autour du noyau des kératinocytes. Ceux-ci, chargés de mélanine, vont remonter à la surface de la peau et lui donner sa couleur : du rouge au noir en passant par un brun plus ou moins foncé. Les UV sont capables de produire de très fortes quantités de radicaux libres oxygénés dans les cellules de la couche superficielle de l’épiderme, responsables à court terme des coups de soleil et de l'inflammation. Les flavonoïdes (type de polyphénols contenus dans le chocolat) permettent la neutralisation des radicaux libres et garantissent ainsi une certaine protection contre les UV.

Impact sur l'épiderme

C’est sur ces réactions que l’équipe de recherche du Dr Heinrich s’est basée pour démontrer que la prise répétée d’une boisson à base de cacao dilué engendre un changement au niveau de l’épaisseur de l’épiderme, mais aussi au niveau de l’hydratation de la peau (1). Face à un groupe de personnes consommant une boisson cacaotée quotidiennement, un autre groupe suivant le même rituel, cette fois avec une boisson riche en flavonoïdes, présente à la fin de l’expérience une sensibilité moindre de la peau face aux UV. Il était ainsi démontré en parallèle, par l’équipe Londonienne du Dr William, que l’ingestion quotidienne d’environ 100 g de chocolat noir n’ayant subi aucune transformation industrielle entraînerait une réduction du risque d’apparition des coups de soleils de 25 % dès trois mois de prise. En revanche, la consommation de chocolat produit de manière traditionnelle ne suffirait pas à préparer la peau à une exposition prolongée au soleil, car sa teneur en polyphénols est trop faible (3).

Cette découverte est séduisante. Toutefois, la température de fusion du chocolat étant de 33°C, on peut se demander si son ingestion durant une saison ensoleillée telle que l’été est adaptée. La place de ce produit sur le marché concurrentiel des compléments alimentaires, dominé par de grands laboratoires type Oenobiol, reste alors à déterminer. Le chocolat de Barry Callebaut fabriqué selon le procédé ACTICOATM peut-il représenter une alternative au β-carotène ? En l’état actuel, on ne peut pas inscrire ce chocolat enrichit en flavonoïdes dans la catégorie « produit de santé » car sa forte teneur en sucre et en graisses font de lui un produit moins attrayant. Ceci laisse cependant la place à la concurrence pour se lancer dans la recherche de procédés qui réduiraient graisses et sucres. C’est d’ailleurs dans cette logique que les équipes de Barry Callebaut travaillent actuellement et auraient signé un accord en février avec Mars, le plus grand fabricant mondial de chocolat au détail, pour faire connaître les vertus bénéfiques des flavonoïdes du cacao.

 

Sources :

(1) U.Heinrich, K. Neukam, H. Tronnier, H. Sies et W. Stahl, “Long-term ingestion of high flavanol cococa provides photoprotection against UV-induced erythema and improves skin condition in women”, The Journal of Nutrition ,p15 65-1569, juin 2006

(2) Communiqué de presse, Le chocolat ACTICOA™ de Barry Callebaut contribue à protéger la peau des rayonnements UV, septembre 2009

(3) S. William, S. Tamburic et C. Lally, Eating chocolate can significantly protect the skin from UV light, septembre 2009

Le cancer du sein et les parabènes : faut-il s'inquiéter ?

par B.Avignon, A.Bellard, C. Joubert et f. Koné (promotion 2013)

 

Le cancer du sein est une des pathologies malignes les plus fréquentes en Europe occidentale. Elle est responsable du plus grand nombre de morts par cancer chez les femmes. Elle a ainsi causé en France 11 299 décès en 20061. Une partie des cancers du sein sont induits par les œstrogènes. L’augmentation des cancers induits par les œstrogènes est en corrélation avec celle des ventes de produits cosmétiques contenant des molécules similaires1. Plusieurs études ont analysé les liens existant entre les produits imitant les effets oestrogéniques et pouvant entraîner le développement du cancer du sein. La polémique sur les sels d’aluminiums, un produit imitant les effets oestrogéniques, a été lancée par l’article d’une femme chercheur brésilienne2. Cette étude a été fortement remise en cause par la communauté scientifique car l’échantillon utilisé n’était pas représentatif de la population. Une forte médiatisation de cette étude a poussé les chercheurs à s’intéresser à ce sujet. Parmi eux, le professeur Philippa Darbre a publié une étude3 sur les divers substituants aux œstrogènes tels que les sels d’aluminiums et les parabènes.

 

Les parabènes : des perturbateurs endocriniens

 

Les parabènes, appelés "alkyl d’éther d’acide para-hydroxybenzoïque", sont des molécules synthétiques dérivées du pétrole. Elles sont utilisées comme conservateurs dans des produits cosmétiques tels les shampoings, les gels douche, les nettoyants pour le visage, les fonds de teint, les déodorants, les dentifrices et les parfums. Ils sont aussi utilisés dans la conservation de certains aliments : la gelée de viande, en traitement de surface des produits à base de viande séchée, de céréales ou de pommes de terre. Les parabènes les plus couramment utilisés sont les méthyl-, éthyl-, propyl- et butyl-parabènes. Ils sont immunotoxiques, neurotoxiques et irritent la peau. Leur toxicité provient de leurs propriétés bactéricides, ce qui explique d’ailleurs leur utilisation comme conservateur3. Les sels d’aluminium, remplissent la même fonction que les parabènes (bactéricidie). L’absorption locale cutanée des sels d'aluminium des anti-transpirants est très élevée et ce, qu’ils soient sous forme de chlorure d'aluminium ou de chlorhydrate d'aluminium. Cependant, ils sont également largement employés.

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Dans l’étude du Pr Darbre3, les sels d’aluminiums sont sévèrement critiqués pour leur forte toxicité démontrée à travers la peau de souris et au niveau des aisselles de l'homme, ainsi que leurs interférences avec les récepteurs à œstrogènes. Aujourd’hui, ce même effet est attribué aux parabènes. En effet, ces derniers perturberaient le système endocrinien. Ce système est composé d’hormones produites par des glandes et organes comme le pancréas ou les ovaires4. Les hormones produites agissent sur la croissance, le développement, la reproduction et le comportement. Les parabènes interagissent avec ces hormones et induisent des dérèglements pouvant aller jusqu’à engendrer l’apparition de cancers. Après avoir traversé la peau et les parois vasculaires, ils sont susceptibles d’agir sur le système digestif par exemple. Ils imitent l’action des œstrogènes en se fixant sur les récepteurs d’œstrogènes des cellules à la place de l’œstradiol, c’est pourquoi on les appelle xéno-estrogènes – xéno venant du grec xénos signifiant étranger – ou encore perturbateurs endocriniens. Les parabènes sont à l’origine de l’augmentation de l’expression des gènes normalement régulés par l’œstradiol et induisent donc la prolifération anarchique des cellules3. Ainsi, le Pr. Darbre montre4 que, les parabènes et les sels d’aluminium peuvent passer à travers les barrières lipidiques telles que les membranes cellulaires et ainsi s’accumuler dans les tissus du sein. Malgré leurs faibles concentrations dans les produits, on ne peut négliger le fait que l’on retrouve une part de ces xéno-estrogènes dans les tissus mammaires tumoraux.

 

Quelles sont les mesures gouvernementales ?

 

Depuis 2004, la quantité consommée du parabène et ses dérivés considérée comme acceptable a été établie par le comité scientifique de l’alimentation de la communauté européenne (Scientific Committee on Food). Ce groupe de scientifiques habilité à évaluer le risque de consommation d’additifs alimentaires l’a plafonnée à 10 mg/kg/jour5. Cependant, il préconise également d’effectuer des études complémentaires, notamment sur les voies empruntées par les parabènes dans l’organisme, grande inconnue des chercheurs jusqu’à présent. Les deux grandes inquiétudes des gouvernements portent sur les effets avérés des parabènes et autres xéno-estrogènes sur la reproduction de l’homme et leurs impacts sur l’environnement, l’hypothétique élévation des cancers du sein et des testicules n’arrivant qu’en troisième position.

On retrouverait environ 60 % de méthyl-parabènes appliqués localement dans les tissus cancéreux et environ 10 % des produits cosmétiques comportent un étiquetage inexact sur leur quantité de parabènes2. Malgré des conclusions aussi préoccupantes, le parabène ne fait pas parti des substances soumises au règlement REACH6 ou même pour la veille toxicologique en générale en France7. Néanmoins, son étude et sa régulation sur le marché sont englobées dans les mesures 7 et 8 du Plan National Santé Environnement numéro 28 (PNSE2), qui a débuté en 2009 et s’étendra jusqu’à 2013. Envisagé lors du Grenelle de l’environnement, ce plan poursuit les mêmes objectifs que le premier, employant 400 millions d’euros et des solutions applicables régionalement.

Un programme d’étude lancé en 2005 portant sur les diverses conséquences des perturbateurs endocriniens (PE) nommé programme national de recherches sur les PE (PNRPE) présentera ses conclusions le 12 avril 20109. En attendant que les conclusions soient révélées au grand public, il serait plus sage d’éviter les apports excessifs de parabènes.

 

Bibliographie :

1. Moïse Namer, Elisabeth Luporsi, Joseph Gligorov, François Lokiec, Marc Spielmann « L’utilisation de deodorants/antitranspirants ne constitue pas un risque de cancer du sein », Bulletin du Cancer (Volume 95, Numéro 9, 871-80, septembre 2008).

2. KG McGrath, “An earlier age of breast cancer diagnosis related to more frequent use of antiperspirants/deodorants and underarm shaving”, European Journal of Cancer Prevention (numéro 12 ,479–485, 30 juillet 2003).

 

3. P.Darbre, “Environmental oestrogens, cosmetics and breast cancer”, Best Practice & Research Clinical Endocrinology & Metabolism (volume 20, Numero 1, 121–143, 2006).

 

4. Plaquette : http://www.afsset.fr/upload/bibliotheque/771953541745249614035691288700/11_perturbateurs_systeme_endocrinien.pdf

 

5. « Avis du groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments à la demande de la Commission concernant les para hydroxybenzoates (E 214-219) », The EFSA Journal (Numéro 83, 2004).

 

6. « Avis de la Commission des Produits Chimiques et Biocides du 22 juin 2009 relatif aux substances extrêmement préoccupantes à proposer par la France en vue d’une inclusion à l’annexe XIV des substances soumises à autorisation du règlement Reach » : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/avis_CPCB_SVHC_090622-2.pdf

 

7. Rapport de vigilance de l’Afssaps numéro 27, 2005 : http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/a04645817043e01235bf03bc49f76f07.pdf

 

8. Plus d’information sur le PNSE2 : http://www.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=7323 et http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/PNSE_2_OO.pdf

 

9. Se renseigner sur le colloque : http://www.polynome.fr/pnrpe

Cellules souches pour traiter la chorée de Huntington



La chorée de Huntington est une maladie qui aboutit à la perte de contrôle des mouvements des membres. Ces symptômes relativement impressionnants lui ont valu ce nom, du grec Choreia qui signifie danse. Cette maladie héréditaire est une affection neurodégénérative atteignant principalement les cellules grises du striatum, une région impliquée dans le contrôle des mouvements. Jusqu’à présent, les traitements proposés étaient purement symptomatiques : des neuroleptiques permettant de diminuer l’agitation psychomotrice, associés à des antidépresseurs. Progressivement, la pathologie conduit à une perte d’autonomie du sujet et le quotidien des proches devient de plus en plus difficile.

Dans les années 1990, un espoir est apparu grâce aux recherches sur des greffes intra crâniennes de tissus fœtaux humains. Ces études ont obtenu des résultats plutôt positifs, donnant un espoir aux familles de voir un jour une amélioration de l’état de leur proche. Mais la faiblesse des progrès observés plusieurs années après l’implantation, n’a pas permis d’aboutir à un traitement. En plus de cela, les tissus greffés ne pouvaient être obtenus qu’en très faible quantité n’autorisant pas un traitement généralisé. De par l’utilisation de tissu d’origine fœtale, ces études ont déclenché une vaste polémique, axée autour de la question éthique du droit de l’embryon.

Recherches controversées

Ces différents problèmes ont amené les scientifiques à ne plus poursuivre ces recherches et à se pencher sur l’utilisation du potentiel des cellules souches pluripotentes. Actuellement l’institut I-Stem (localisé à Evry dans l’Essonne) issu de la collaboration de l’université d’Evry, de l’Inserm et de l’Association Française contre les Myopathies par le biais du généthon, est à la pointe de la recherche européenne en matière de thérapie cellulaire. Il travaille notamment sur l’utilisation des cellules souches dans le traitement de la maladie de Huntington.

Les cellules choisies dans le cadre de ces recherches sont des cellules souches fœtales que l’on peut séparer en deux catégories: les cellules souches hématopoïétiques (CSH) recueillies à partir de la moelle osseuse après la naissance et des cellules souches qui doivent être prélevées chez le fœtus lui-même. Sur le plan biologique, les CSH sont moins pluripotentes que les autres car elles ont déjà commencé à se différencier en cellules souches adultes. Elles ne peuvent pas être utilisées dans le traitement de la maladie de Huntington. A contrario, les cellules souches fœtales ont l’avantage de pouvoir créer et former n’importe quel nouveau tissu ou nouvel organe de par leur nature indifférenciée. Certes, l’utilisation de celles-ci paraît intéressante en termes d’avancées techniques et scientifiques, en vue de nouvelles thérapies, mais leur prélèvement implique la destruction du fœtus. Leur emploi reste alors très controversé et très restreint. Il rentre dans le cadre de la loi bioéthique de 2004 qui précise bien que « les recherches peuvent être autorisées sur l’embryon lorsqu’elles sont susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques majeurs et à la condition de ne pouvoir être poursuivies par une méthode alternative d’efficacité comparable, en l’état des connaissances scientifiques ».

93498227.jpgNouveaux espoirs

Plusieurs recherches basées sur les cellules souches pluripotentes et réalisées sur modèle animal ont pu être menées, elles ont montré des résultats très encourageants. On peut notamment citer une étude (Revue Stem Cell du 4 mai 2008) portant sur l’injection de cellules souches fœtales humaines dans le système vasculaire du cerveau de souris comportant des lésions cérébrales, proches de celles causées par la maladie de Huntington. Celle-ci a montré une diminution marquée des symptômes mais aussi et surtout un arrêt total de la formation des lésions ; résultats encore jamais obtenus avec les différents traitements envisagés précédemment.

Le modèle animal a déjà pu être extrapolé à l’homme. En 2006, une équipe française du Centre de Référence des Maladies Rares a transplanté des cellules souches fœtales à des patients atteints de la maladie de Huntington, depuis 4 ans les patients ont montré une diminution des symptômes significative et il n’y a eu aucun cas de rechute. Mais cette méthode ne peut pas, dans l’état actuel de la législation, être utilisée en tant que traitement, de par les limites imposées par l’emploi de cellules embryonnaires. La révision de la loi bioéthique, proposée en 2009, avait laissée entrevoir un allégement des contraintes quant à l’utilisation des cellules souches d’origine fœtale mais le projet proposé par le conseil d’Etat qui devrait être voté à l’Assemblée nationale courant 2010, semble conserver le même schéma que la version précédente datant de 2004.

Récemment, une petite révolution qui a eu lieu dans le monde scientifique, donne un nouvel espoir aux familles quant à la découverte d’un traitement. En effet, en 2009, les premières cellules souches pluripotentes créées à partir de cellules différenciées de peau de personnes adultes (K. Woltjen et al., in Nature, mars 2009) pourraient permettre d’utiliser les méthodes développées en 2006 (travaux sur les IPs de S. Yamanaka), mais en se basant cette fois ci sur des cellules provenant du sujet lui-même et évitant l’utilisation de tissus fœtaux, permettant ainsi d’entrer dans un cadre éthiquement et sociétalement acceptable.

 

Emilie Chhoeu, Florent Delhommel, Carine La, Etudiants Sup’Biotech promotion 2013

 

L'allaitement, une protection contre les allergies ?


Cassandre LEBLANC, Camille NOGIER, Marion SARDA, Biotech 2, promotion 2013


À mesure que la société évolue, la position sociale de la femme change. En 60 ans, ces dernières sont de plus en plus rentrées dans la vie active. L’une des conséquences de ce phénomène est que les femmes ayant des enfants en bas âge, ont tendance à délaisser l’allaitement (qui prend du temps au quotidien) au profit des laits maternisés, considérés comme plus pratiques.
Cependant, la consommation de lait peut entraîner l’apparition d’effets secondaires liés soit à une intolérance au lait soit à une allergie.
Il est important de ne pas confondre intolérance et allergie au lait provoquant entres autres, vomissements, diarrhées et réactions cutanées Le terme d’intolérance au lait correspond à l’absence de lactase, enzyme permettant la digestion du lactose du lait tandis que l’allergie alimentaire fait intervenir le système immunitaire en réaction à la présence d’un allergène alimentaire. Le plus souvent, il s’agit d’une protéine comme la caséine ou l’alpha-lactalbumine.
Les allergies alimentaires touchent aujourd'hui en France environ 3 % de la population selon une enquête réalisée par l'AFSSA. Si les allergies alimentaires peuvent apparaitre à tout âge, elles restent plus fréquentes chez l'enfant (8 % dans la population pédiatrique) et tout particulièrement pour le lait de vache.

98062869.jpgLe lait, d’une manière générale, reste néanmoins extrêmement bénéfique pour l’organisme. Il contient en effet du calcium qui remplit un rôle essentiel, entre autres, dans la constitution du squelette et des dents, ainsi que dans la coagulation sanguine, l'activité musculaire et les fonctions hormonales. Les apports calciques en provenance de l'alimentation sont indispensables car l'organisme élimine chaque jour une grande partie de celui qu'il contient par les selles et les urines. Le lait et les produits laitiers sont les aliments les plus riches en calcium (environ 1,2 %), un calcium particulièrement bien assimilé.
Il est également connu pour ses effets préventifs de l’ostéoporose grâce au maintien du capital osseux.

L'effet préventif de l'allaitement maternel contre les allergies alimentaires a été démontré.


En plus de ces bienfaits là, le lait maternel apparait comme l'aliment idéal pour le nourrisson car il est parfaitement adapté à sa physiologie.
À moyen terme, l'effet préventif de l'allaitement maternel contre les allergies alimentaires a été démontré.
Le mécanisme de l’allergie se fait en deux étapes : la sensibilisation et la réaction allergique proprement dite.
Lors du premier contact entre l’allergène et le système immunitaire, ce dernier produit des immunoglobulines spécifiques (IgE) ayant un rôle dans la reconnaissance des allergènes. Elles sont ensuite dispersées par le sang dans l’ensemble de l’organisme et se fixent sur des « cellules cibles » des muqueuses ainsi que sur des circulantes : il s’agit des granulocytes basophiles.
Cette première phase, muette cliniquement, permettra à l’organisme, lors du contact suivant, de se défendre immédiatement.
Au second contact avec l’allergène, les IgE spécifiques membranaires activent les basophiles provoquant la libération de neuromédiateurs. Ces substances sécrétées par les cellules nerveuses permettent la transmission d’un influx nerveux à une autre cellule, dont le principal est l’histamine ainsi que de cytokines pro-inflammatoires. Ces médiateurs attirent également les granulocytes éosinophiles dans le tissu lésé entrainant les réponses allergiques ainsi qu’une vasodilatation et une augmentation de la perméabilité capillaire.
C’est lors de ce deuxième contact qu’apparaissent les signes cliniques de l’allergie qui peut être plus ou moins grave selon l’individu.
L’allaitement prévient les allergies au lait grâce à la transmission d’anticorps par le lait maternel. Ces anticorps transmis à l'enfant ignorent les protéines utiles et ciblent les protéines allergènes.
De plus, le lait maternel permet, grâce à la transmission de facteurs de croissance, la maturation de la muqueuse intestinale. Lorsque l’enfant grandit, sa muqueuse devient imperméable aux molécules bénéfiques et perméables aux autres. Cette maturation empêchera plus tard des protéines allergènes de traverser cette barrière, prévenant ainsi le déclenchement d’une réaction allergique.

Le lait maternel pourvoit à tous les besoins du nouveau-né en nutriments, calories et vitamines pour son développement


Outre la protection apportée par l’allaitement, cela représente un lien favorisé par le contact entre la mère et l’enfant.
Par ailleurs, le lait maternel pourvoit à tous les besoins du nouveau-né en nutriments, calories et vitamines pour son développement. Il est également adapté à sa croissance et sa prise n’entraine pas la production de déchets métaboliques.
Néanmoins, l’allaitement peut être vecteur d’allergies alimentaires. Le possible passage dans son lait d’antigènes alimentaires ingérés par la mère pendant l’allaitement de l’enfant peut, en effet, déclencher une sensibilisation. Cette sensibilisation sera seulement transitoire si l’enfant ne présente pas d’antécédent atopique mais une prédisposition génétique du nourrisson à l’allergie pourrait susciter des réactions allergiques plus ou moins graves.
Par ailleurs, et ce malgré les congés maternités mis en place par le gouvernement seulement 56 % des françaises allaitent dès la maternité. Etant physiquement éloignées de leur enfant, il leur est difficile de les nourrir au sein durant leurs heures de travail. Il leur est donc plus facile de confier un biberon de lait maternisé à la personne chargée de garder l’enfant.

Finalement, le lait maternel, malgré la possible transmission d’antigènes à l’enfant est un moyen de réduire le risque de développer des allergies alimentaires. L’éloignement occasionné par le travail de la mère constitue un obstacle à la prise de lait maternel, qui peut être résolu avec l’emploi des laits maternisés fabriqués à partir de lait de vache ou encore de lait d’ânesse.
Des études ont en effet montré que la composition chimique du lait d’ânesse était très similaire à celle du lait maternel et ce, bien plus que le lait de vache. Il est riche en vitamines, pauvre en caséine et en matières grasses. La communauté scientifique reconnaît ses bienfaits et le fait qu’il soit un incomparable substitut au lait maternel humain.


Sources
- Marie Joëlle GROS, " Le lait n'est pas si vache ", Libération, 2006
-    Carine DUBUISSON, Sébastien LA VIEILLE, Ambroise MARTIN, "Allergies alimentaires : état des lieux et proposition d'orientation", rapport de l'AFSSA, janvier 2002, p.27-p.32-p.36-p.37
-    Pr J.P. OLIVES, "Transmission des allergènes alimentaires de la mère a l'enfant", article paru sur le site Journées de Techniques Avancées en Gynécologie et Obstétrique PMA Périnatologie et Pédiatrie, 2000

Un requin qui sauve un homme

??Alors que les Scandinaves l’ont compris depuis la nuit des temps et utilisent l’huile de foie de requin comme une véritable cure de jouvence, les scientifiques se sont intéressés, au cours du XXème siècle, à la capacité des squales à résister à de nombreuses maladies. En effet, ils résisteraient naturellement aux développements des tumeurs et de certaines formes de maladies fréquentes chez les autres espèces.?Au cours du développement embryonnaire, se met en place l’arbre vasculaire : c’est la « vasculogénèse ». À l’âge adulte, de petits capillaires émergent des vaisseaux. Ce phénomène appelé angiogénèse est très délétère pour l’organisme puisqu’il favoriserait la croissance tumorale ainsi que la survenue de maladies dégénérescentes  telles que l’arthrite rhumatoïde et l’arthrose. Toute cellule ne peut subsister sans apport d’oxygène et d’énergie c'est-à-dire à distance d’un vaisseau sanguin, et plus particulièrement les cellules tumorales très voraces. En 1971 le Dr Folkman s’intéresse au mécanisme d’angiogenèse (ou néovacularisation) et émet l’hypothèse que si l’on réussissait à inhiber la formation de nouveaux vaisseaux, on arriverait à stopper la croissance de la tumeur. Sans apports de nutriments, une tumeur ne peut se développer.


Son article, publié dans le très réputé New England Journal of Medicine, ouvrit un boulevard à la recherche de stratégies contre la néo-angiogénèse tumorale. Dans cette optique, une étude clinique a été réalisée montrant l’effet inhibiteur du cartilage de requin sur la multiplication des cellules cancéreuses. Pour ce faire, il a été nécessaire d’exposer les requins à de fortes doses d’aflatoxines B (molécule carcinogène) mais ces derniers, contrairement à d’autres espèces n'ont pas présenté d'incidence élevée aux tumeurs. Une première conclusion fut tirée sur la composition de leur cartilage qui s’opposerait ainsi à la formation de vaisseaux au sein des tumeurs.

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Des composantes du tissu cartillagineux de requins


?D’autre part, des composantes spécifiques du tissu cartilagineux de requins, notamment la chondroïtine et la glucosamine, seraient indispensables pour lutter contre les affections articulaires telles que l’arthrose, qui est une maladie très invalidante due à une usure progressive du cartilage qui perd ses qualités d’origines (souplesse et élasticité). À cela s'ajoute une perte de qualité du liquide synovial, liquide limpide et épais semblable à du blanc d’œuf qui, habituellement, lubrifie l’articulation. Ces molécules naturellement produites par l’organisme ont tendance à diminuer avec l’âge. Cependant, des apports exogènes peuvent combler ce déficit: Elles sont extraites du cartilage de requin par hydrolyse acide. La glucosamine, qui fait partie du groupe des osamines jouerait un rôle important dans la formation des tendons et ainsi renforcerait la structure du tissu cartilagineux. Quant à la chondroïtine (muccopolysaccharide), elle aurait des propriétés anti-inflammatoires en inhibant la sécrétion de prostaglandines, mais aurait également un rôle réparateur en inhibant l’action d’enzymes comme l’élastase qui entrainent la nécrose du cartilage.


?Au cours des années 1990, des effets bénéfiques sont démontrés chez des patients atteints d’arthrose du genou et de la hanche et chez lesquels la douleur et le gonflement semblaient réduits. La mobilité fut améliorée après injection de sulfate de chondroïtine. D’autres molécules attirent notre attention: les alkylglycérols issus de l’huile de foie de requin. Ces molécules de la famille des éthers-lipides auraient un rôle de stimulant immunitaire, un rôle dans la formation des précurseurs hématopoïétiques ainsi qu’un rôle d’inhibiteur tumoral. Une étude réalisée en Suède sur des patients atteints de cancer de l’utérus a montré une réduction de la progression tumorale d’un tiers à la suite d’une prophylaxie par des alkylglycérols purifiés. Leurs effets antitumoraux seraient liés à un mécanisme faisant intervenir la protéine kinase C sans laquelle la reproduction et la prolifération tumorale sont caduques.


Une réduction des cellules tumorales


D’autres études cliniques, à savoir celle du professeur Legrand de l’université de Rennes, montrent des réductions de prolifération sur des cellules tumorales de souris. À noter que des résultats concordants ont été observés sur des cellules humaines infectées par le cancer du colon. Une étude américaine réalisée en 2005 nous ouvre de nouvelles perspectives. Deux groupes de patients atteints de cancer du colon sont traités par chimiothérapie. L’un d’entre eux reçoit en plus un médicament contenant du cartilage de requin. Après plusieurs mois de traitements les patients sont soumis à un questionnaire dont les données sont ensuite traitées par bioinformatique. Les résultats sont étonnants puisque tous les patients sous traitement médicamenteux montrent une amélioration nette de leur état de santé due notamment à une diminution des effets secondaires de la chimiothérapie.
Pour une grande majorité, ils notent une amélioration de leur qualité de vie. Ces effets peuvent être ainsi mis en évidence avec les effets anti-angiogéniques des molécules constituant le cartilage. Le requin est une source de molécules prometteuses, riches d’enseignements dans la lutte contre le cancer puisque deux analogues structuraux (l’edelfosine et la mitelfosine) des alkyl-lipides montreraient des propriétés intéressantes comme molécules antitumorales ouvrant ainsi des cibles nouvelles en thérapeutiques.?Les requins considérés jusqu’ici comme des prédateurs redoutables sont maintenant péchés afin de satisfaire un marché de produits alimentaires mais aussi à visée thérapeutique.

 

???V.Pasquali,O.Thore, V.Parat, étudiants Sup’Biotech promotion 2013

Un virus mortel pour soigner une maladie génétique

L’adrénoleucodystrophie (ALD) est une maladie génétique responsable du processus de démyélinisation (disparition des couches supérieures) des neurones des systèmes nerveux centraux et périphériques qui se déclare chez les garçons âgés de 5 à 12 ans. Elle touche une naissance sur 20 000. Le gène atteint, nommé ABCD, est situé sur le chromosome X. Caractérisée par une dégénérescence musculaire et cérébrale progressive conduisant à un décès rapide, cette maladie est liée à l’absence de la protéine ALD. Chez les individus malades, cette déficience empêche la dégradation des acides gras à longue chaîne qui s’accumulent dans certaines cellules du système nerveux central. Cette dégradation est assurée en temps normal par les oligodendrocytes, cellules chargées de l’entretien des neurones et de la synthèse de myéline, mélange de lipides et de protéines, indispensable à la rapidité de l’influx nerveux.

Le premier traitement mis en place par les chercheurs et médecins Patrick Aubourg, Pierre Bougnères et Claude Griscelli, date de 1988. Il consiste en une greffe de moelle osseuse venant d’un donneur compatible. L’enfant malade pourra, grâce à cette greffe et après suppression de sa propre moelle, synthétiser la protéine manquante par le biais des cellules qui se sont différenciées à partir des cellules souches contenues dans la moelle osseuse du donneur. Malheureusement, ce traitement ne peut être réalisé que dans de rares cas ; les chances de trouver un donneur compatible avant que la maladie ne se développe de façon trop importante étant très faibles.

Il aura fallu attendre presque 20 ans pour que la thérapie génique soit utilisée pour traiter l’adrénoleucodystrophie.

Patrick Aubourg accompagné cette fois de Nathalie Cartier, directrice de recherche à l’Inserm a  réussi à stopper l’évolution de la maladie chez deux enfants atteints en faisant intervenir le VIH (virus d’immunodéficience humaine). On pourrait alors se demander comment un virus pourrait aider à soigner une maladie du cerveau. Dans l’essai réalisé par les deux chercheurs, le virus inactivé a été utilisé comme vecteur dans le but de réaliser une thérapie génique. Le gène fonctionnel codant la protéine ALD a été inséré dans le génome du virus. Le virus a ensuite été mis en contact avec des cellules de la microglie issues des cellules souches hématopoïétiques responsables de la synthèse des cellules sanguines et agissant comme des macrophages dans le système nerveux (donc chargées de phagocyter les tissus lésés, d’intervenir dans les réactions immunitaires). Ces cellules infectées ont été réinjectées dans l’organisme du malade.

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Ainsi, les résultats obtenus jusqu’à présent (arrêt de la démyélinisation chez les deux enfants atteints quelques mois après l’injection des cellules modifiées) peuvent laisser espérer une réussite du traitement. Mais l’inquiétude réside dans le fait d’utiliser le VIH comme vecteur. Bien que ce virus ait été découvert il y a plus de 20 ans, sa faculté d’adaptation au milieu dans lequel il se développe et la variabilité de son génome restent des variables non maîtrisées.

Aujourd’hui, malgré les résultats encourageants des scientifiques, l’esprit collectif met surtout en avant le manque de recul que nous avons la thérapie génique. En effet le manque de maturité des différents traitements développés entraîne un sentiment d’incertitude et de peur sur lequel s’appuient la majorité des journaux généralistes. Pas assez informée par les scientifiques, la population ne perçoit les informations qu’à travers les avis plus ou moins réfractaires de la presse.

Les scientifiques restent quant à eux à l’écart de toutes discussions, et ne s’adressent pas à la population créant ainsi un fossé entre les recherches effectuées et l’image que la population a au sujet de la thérapie génique. Malgré leurs réticences à communiquer leurs résultats, ils ont un réel espoir de traiter  des maladies héréditaires.

« Même s’il faut rester prudent, (…) nous n’avons pas de raison particulière de redouter un effet délétère lié à l’insertion du vecteur lentiviral dans le génome », poursuit Nathalie Cartier.

 

Une fois passée la peur qu’inspire l’utilisation du VIH dans une thérapie génique et la compréhension de l’intérêt thérapeutique que représente ce dernier, les scientifiques pourront peut-être appliquer ce type de traitement à l’ensemble des maladies génétiques dans lesquelles le VIH pourrait intervenir.

 

C. Lecanelier, J. Noizet, E. Popotte,  étudiantes Sup’Biotech, promotion 2013.


Sources :

Nathalie Cartier, Hemotopoietic Stem Cell Gene Therapy with a Lentiviral Vector X-Linked
Adrenoleucodystrophy Science 326, 818-823, 2009.

Catherine Ducruet, La thérapie génique remporte un premier succès, Les Echos, 09 octobre 2009.
Martine Perez, Quand le VIH inactivé soigne une maladie rare du cerveau, Le Figaro du 06 novembre 2009

L'immunothérapie comme solution à la maladie d'Alzheimer

D’après l’Organisation mondiale de la Santé, la maladie d’Alzheimer est la cause de démence la plus commune avec 25 millions de personnes atteintes dans le monde. Cette maladie touche généralement les plus de 65 ans et est caractérisée par une perte progressive de la mémoire, une altération des capacités cognitives et des altérations du langage. Les malades finissent bien souvent dépendants, ce qui constitue un problème de santé publique.
La maladie d’Alzheimer est probablement une des plus grandes menaces pour le futur des systèmes de santé. En effet, avec le vieillissement de la population dû à l’augmentation de l’espérance de vie que connaissent les pays développés et les pays en développement, le nombre de patients touchés par la maladie d’Alzheimer devrait doubler d’ici les vingt prochaines années. La prise en charge des malades nécessite des structures d’accueil adaptées et de longs traitements. D’ici dix à vingt ans, lorsque toute la génération baby boom aura plus de 65 ans, le nombre de malades devrait dépasser la capacité des gouvernements concernés à absorber le coût de la maladie.
Dans de nombreux pays des sommes importantes sont investies dans la recherche de traitements préventifs. Il n’existe aucun traitement curatif de la maladie d’Alzheimer, les médicaments actuels se contentant de diminuer les symptômes avec très peu d’efficacité et de nombreux effets secondaires tels que nausées, vomissements, perte d’appétit, diarrhées et bradycardie . Il est donc nécessaire de développer des thérapies alternatives qui pourraient stopper ou encore prévenir la maladie. Une de ces nouvelles approches est l’immunothérapie.

94084611.jpgMaladie d’Alzheimer.

Elle se caractérise cliniquement par une accumulation d’un peptide bêta-amyloïde de 42 acides aminés (amyloid-β1-42) dans le cerveau sous forme de plaques séniles. Ces plaques amyloïdes activent les cellules micro-gliales  et les astrocytes  induisant une réaction inflammatoire  entrainant un dysfonctionnement du neurone puis sa dégénérescence. Les plaques amyloïdes seraient aussi probablement responsables de façon indirecte de la formation d’agrégats de protéine Tau (protéine associée aux microtubules) anormalement phosphorylée à l’intérieur des neurones .

Immunothérapie.

La démarche est simple et attrayante. Injecter des agrégats de β-amyloïde dans le sang pour provoquer la formation d’anticorps anti-β-amyloïde capables de traverser la barrière hémato-encéphalique et attaquer les plaques amyloïdes. L’espoir majeur est pour le patient de récupérer ses fonctions grâce à la plasticité cérébrale.
Les premières études in-vitro ont montré dès 1996 que des anticorps spécifiques de la région N-terminale de la β-amyloïde pouvaient empêcher la formation d’agrégats  en restaurant la solubilité des plaques de β-amyloïde préexistantes  et ainsi prévenir leurs effets neurotoxiques.
L’immunisation aussi bien active  que passive  de souris transgéniques  réduit de façon remarquable le nombre et la densité des plaques amyloïdes dans le cerveau de ces souris retardant ainsi l’apparition de déficits de la mémoire .
Suite à ces résultats prometteurs sur des modèles animaux, les essais cliniques sur des humains ont été initiés. Mais lors des essais de phase 2, plusieurs patients ont développé une méningo-encéphalite  qui a forcé l’arrêt  de ces essais dans le monde. Les résultats de ces essais apportent toutefois l’espoir d’une future immunothérapie sûre et efficace. Les patients ayant reçu deux vaccinations avec des agrégats de β-amyloïde ont développé de grandes quantités d’anticorps spécifiquement dirigés contre la β-amyloïde agrégée et ne reconnaissant pas les monomères solubles de ce peptide, un fait positif. Bien que l’immunothérapie semble être une approche prometteuse et facile à mettre en place, la problématique actuelle est de réussir à supprimer la réaction inflammatoire observée chez l’homme et qui n’est pas retrouvée dans le modèle de souris transgénique.

Quel que soit le traitement utilisé, il sera d’autant plus efficace que la maladie est repérée tôt. Or, aujourd’hui le diagnostic n’est possible qu’à un stade où la maladie est déjà installée et les symptômes visibles. Un autre défi de taille dans ce domaine est de développer des méthodes de diagnostic pour les stades précoces de la maladie d’Alzheimer.
    

Un texte de Liliana Silva Fernandes, Romain Teixeira et Pierre Merlin, étudiants à Sup'Biotech.
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[1] Claire Mount & Christian Downton, Alzheimer disease: progress or profit? , Nature Medicine 12, 780-784 (2006).

[1] Cellule immunitaire présente dans le système nerveux central.

[1] Cellule du système nerveux central en formant une interface structurelle et fonctionnelle entre les tissus non nerveux et les neurones.

[1] Réponse immunitaire innée.

[1] Howard L. Weiner and Dan Frenkel, Immunology and immunotherapy of Alzheimer’s disease, Nature Reviews 6, 404-414 (2006)

[1] Solomon, B., Koppel, R., Hanan, E. & Katzav, T. Monoclonal antibodies inhibit in vitro fibrillar aggregation of the Alzheimer β-amyloid peptide. Proc. Natl Acad. Sci. USA 93, 452–455 (1996).

[1] Solomon, B., Koppel, R., Frenkel, D. & Hanan-Aharon, E. Disaggregation of Alzheimer β-amyloid by site-directed mAb. Proc. Natl Acad. Sci. USA 94, 4109–4112 (1997).

[1] Vaccination : Injection de l’antigène complet ou d’une partie de l’antigène entrainant une réaction immunitaire et la production d’anticorps anti-β-amyloïde.

[1] Injection directe d’anticorps monoclonaux anti-β-amyloïde.

[1] Souris transgénique pour laquelle a été modifiée la protéine APP (Amyloid Precursor Protein) et qui développent une accumulation de plaques amyloïdes à partir de 6 à 9 mois. Il s’agit d’un modèle très utilisé et qui a facilité les recherches en immunothérapie pour le traitement de cette maladie.

[1] Morgan, D. et al. Aβ peptide vaccination prevents memory loss in an animal model of Alzheimer’s disease. Nature 408, 982–985 (2000).

[1] Inflammation du cerveau

 

La thérapie génique au secours de la cécité


Après qu'une équipe française ait réussi à rendre la vue à des chiens souffrant de l'amaurose congénitale de Leber (ACL), une autre vient de réussir le même pari chez l'homme.


Décrite en 1869 par Théodore Leber, un ophtalmologiste allemand, la maladie qui porte son nom est la forme la plus sévère de dystrophie et/ou dysplasie rétinienne précoce et représente environ 6% de ces pathologies. Elle entraîne une altération complète de la rétine et une perte totale de l'acuité visuelle. Cette maladie toucherait 100 000 naissances à travers le monde dont 1000 à 2000 enfants en France, et est due à une déficience protéique.


Plusieurs gènes, 13 ont été découverts à ce jour, peuvent être responsables de l'ACL, ici nous nous intéresserons au gène RPE65, qui code l'isomérase qui convertit dans l'épithélium pigmentaire, cellules permettant aux rayons lumineux d'être captés puis transformés en influx nerveux pour gagner le cerveau, le trans rétinyl ester rétinol en ester 11-cis rétinol, permettant la formation du chromophore (molécule colorée) des pigments des photorécepteurs, indispensable pour la vision. La mutation de ce dernier fut découverte sur une lignée de chiens Briards, et constitua ainsi le premier modèle expérimental.

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Succès du protocole animal.
Les différentes techniques précédentes, greffe ou injection de la molécule, n'étant pas concluantes, c'est donc tout naturellement que les chercheurs se sont tournés vers la thérapie génique.
Son utilisation consiste à apporter et à insérer une copie normale du gène d'intérêt, ici RPE65, dans les cellules de l'épithélium pigmentaire rétinien. Ce processus se fait via l'utilisation d'un vecteur, ici un virus, dépourvu de sa pathogénicité , ses gènes viraux ayant été supprimés. Il permet une expression continue du gène d'intérêt.


Les chiens ont été séparés en plusieurs groupes qui différaient par leurs âges et la quantité de vecteurs injectée. Les résultats ont été mesurés par angiographie de fluorescence, par l'utilisation de techniques d'imagerie non invasives et par des techniques d'immunocytochimie rétiniennes. Cette maladie étant évolutive, elle devient donc de plus en plus difficile à soigner au fur et à mesure qu'elle progresse, l'expérience a en effet montré que, associé à une dose contrôlée de virus, l'âge avait une importance capitale quant à l'efficacité du traitement.


Ces résultats ont été confirmés par des parcours d'obstacles que devaient franchir les animaux.La similarité entre les yeux de ces chiens et celui de l'homme a permis une transposition de cette technique chez l'humain.


Un enfant de huit ans retrouve la vue.
Rendre la vue ou empêcher la cécité de s'installer, telles sont les prouesses que viennent de réussir Albert Maguire et Katherine High1 de l'hôpital pour enfants de Philadelphie; en s'appuyant sur les travaux de Le Meur et Stieger 2 sur la restauration de la vision chez des chiens Briards.
Afin de restaurer l'acuité visuelle et de combler ces déficiences, les chercheurs ont injecté dans l'oeil, présentant le plus de troubles, au sein de l'épithélium rétinien et via l'humeur vitrée un vecteur AAV (virus adéno-associés à ADN double brins, AAV2-hRPE65v2) contenant le gène de la protéine RPE65. Cet essai clinique de phase 1, fut effectué sur 12 patients donc 4 enfants âgés de 8 à 11 ans. Trois doses croissantes de virus furent injectées, une faible de 1,5.1010 vecteurs, une moyenne de 4,8.1010, et enfin une grande de 1,5.1011 vecteurs. Il semblerait que que la dose importe peu, car les résultats sont là. Après seulement deux semaines le champ visuel de tous les patients s'est accru; ainsi qu'une amélioration de l'acuité visuelle chez la plus part. La réponse pupillaire a quant à elle aussi progressé.
Ces améliorations sont d'autant plus importantes que le patient est jeune, et elles se sont vu entérinées, les patients ayant conservé leurs nouvelles fonctions visuelles après deux ans. Un enfant de huit ans a même retrouvé un niveau de sensibilité identique à celui d'un enfant de son âge en pleine santé.


Il semblerait qu'après plusieurs années de tâtonnement, et certaines déconvenues (cas de cancer), la thérapie génique ait fini par combler une partie des attentes placées en elle. Cependant la présence du vecteur dans le sang d'un patient pose la question du choix de ce dernier, il ne faudrait pas réitérer les mêmes erreurs que dans le passé, le vecteur doit rester confiné à sa cible.
Compte tenu de l'importance de l'âge des patients, il joue un rôle primordial afin d'éviter une perte trop importante de photorécepteurs, le couplage de la thérapie génique à des techniques de détection appropriées permettrait d'offrir une meilleure réponse à cette maladie.


Pollien Christophe, Regnier Florian, Savy Adrien, Etudiants de Sup'Biotech, promotion 2013


1 The Lancet, Volume 374, Issue 9701, Pages 1597 - 1605, 7 November 2009 2 Gene Therapy (2007) 14, 292–303. doi:10.1038/sj.gt.3302861; published online 5 October 2006

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