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LifeLength, l'entreprise qui évalue l'espérance de vie... en mesurant les télomères


Fournir une estimation de l'espérance de vie pour un prix de 500 €, telle est la proposition de l'entreprise espagnole LifeLength. La mesure des télomères, ces séquences d'ADN situées à l'extrémité des chromosomes, à partir d'une analyse de sang est au centre de cette innovation.


L'entreprise espagnole de biotechnologie LifeLength (Madrid) a annoncé la commercialisation, dans le courant de l'année, d'un test sanguin qui devrait permettre de prédire l'âge biologique et donc déduire l'espérance de vie. Son prix ? 500 euros ; une somme accessible.

Créée en septembre 2010, LifeLength valorise les recherches du docteur Maria Blasco, fondatrice de la société, réalisées au Centre national de recherche oncologique de Madrid (CNIO) sur les télomères.  Leur apport ? Établir que les télomères raccourcissent à chaque mitose, jusqu'au point de faire obstacle à la réplication de la cellule et de conduire à la mort cellulaire. D'où le concept à l'origine du test sanguin : la mesure de la longueur des télomères. 

BC7251-001.jpgLa technologie repose sur la technique de fluorescence in situ hybridization (FISH). Celle-ci marque des segments souhaités qui sont ensuite visualisés par fluorescence. Les télomères étant des fragments d'ADN avec un motif répété, il suffit de déterminer la longueur par le nombre de sondes qui s'hybrident. Plus les sondes hybridées sont nombreuses, plus la fluorescence augmente.

L'annonce de la société Lifelength pose la question des conséquences de l'estimation de l'espérance de vie sur le cours de l'existence de chacun.  Elle relance aussi les interrogations sur l'utilisation qui pourrait être faite de ces tests en dehors du cercle des professionnels de la santé.  La société a indiqué commercialiser le test à destination des hôpitaux, des laboratoires et de l'industrie pharmaceutique. Les garanties de fiabilité et d'exploitation de ces tests sont-elles pour autant suffisantes ?

Anabelle Planques (Sup'Biotech 12)

Source:  The first biotechnology company that measures telomeres (communiqué de presse de LifeLength - 15 décembre 2010)


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Un nouveau lait pour les nourrissons issu de vaches clonées verra-t-il le jour ?


La réponse affirmative vient de la Chine, pays leader dans le domaine de la recherche sur les aliments génétiquement modifiés, rapporte le Bulletin électronique, la publication de veille des services scientifiques des ambassades françaises.

La production de ce lait  est le fruit d'une collaboration entre  la société Beijing GenProtein Biotechnologie et des chercheurs du  laboratoire d'Etat d'Agro-biotechnologie de l'Université d'Agriculture de Chine, dirigés par le Professeur Ning Li.
Les chercheurs ont utilisé le clonage pour introduire des gènes humains dans l'ADN des vaches. Ils ont ensuite implanté les embryons génétiquement modifiés dans les 300 vaches porteuses. Le résultat: un lait riche en alpha-lactalbumine, lactoferrine et lysozyme. Ces  protéines retrouvées en quantité abondante dans le lait maternel possèdent des propriétés recherchées. Facilement absorbées par le corps humain et stimulant le système immunitaire, elles permettent de renforcer les défenses immunitaires des nourrissons.  Mais à la différence du lait maternel, ce lait d'origine OGM présente un double déficit en anticorps et en une protéine stimulant l'intelligence des bébés, a précisé le Professeur Ning Li.

La production de ce lait d'origine OGM constituerait une source bon marché de protéines rares pour l'alimentation humaine ainsi que pour les industries cosmétiques et pharmaceutiques. Est-ce à dire que nous pourrons en consommer  demain?   Ce lait a déjà passé avec succès les  tests de sécurité du Centre chinois de prévention et contrôle des maladies. Le professeur Li envisage la commercialisation des premiers travaux de recherche d'ici trois ans, en Chine. Il faudra cependant attendre dix ans avant de pouvoir envisager de le consommer.  L'utilisation de la technologie controversée du clonage est l'un des obstacles à la production en masse.  En effet, il n'existe que trois générations de vaches génétiquement modifiées en Chine et  la moitié seulement des 46  veaux nés pendant ces expériences ont survécu.

Mylène Huck, promotion 2013


Sources:

Photo: photo libre de droits du site fotosearch.fr

Ambassade de France en Chine, " Du lait de vache modifié génétiquement pour nourrir des nourrissons", Bulletin électronique, 20 avril 2011,  http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/66519.htm


Richard Gray, " Genetically modified ciws produce 'human'milk", The Telegraph, 2 avril 2011, http://www.telegraph.co.uk/earth/agriculture/geneticmodification/8423536/Genetically-modified-cows-produce-human-milk.html

Interview de Marc Delcourt, co-fondateur et PDG de Globalbioenergies

Normalien et docteur en biologie, Marc Delcourt a fondé en 2008, avec Philippe Marlière, la société Global Bioenergies. Elle est installée sur le site du Génopole, à Evry.

Global Bioénergies a créé un bioprocédé de fabrication d'un type d'hydrocarbures, l'isobutène gazeux. Il repose sur l'invention d'une voie métabolique artificielle. Elle pallie l'absence de production naturelle d'hydrocarbures par les microoganismes en leur permettant de convertir du glucose en isobutène. Cet hydrocarbure gazeux peut alors être converti en carburant et en polymères.

Globalbioénergies a produit un prototype de son bioprocédé en 2010 et s'apprête à en lancer la phase de pré-industrialisation.

A la suite de la journée sur la biologie synthétique organisée par Sup'Biotech le 23 novembre dernier, Marc Delcourt a accepté de nous recevoir pour répondre à nos questions. C'est à la fois sur son parcours d'entrepreneur et sur le regard qu'il porte sur les biocarburants que nous l'avons interrogé.


BiotechPress: Qu’est- ce qui vous a conduit vers l’entrepreneuriat?

Marc Delcourt: Les tout premiers pionniers dans le domaine de l’entrepreneuriat datent des années 70, Amgen et Genentech aux Etats-Unis. Le domaine des biotechnologies a commencé à s’institutionnaliser, c’est-à-dire qu’il y avait des capitaux risqueurs dédiés aux biotechnologies à partir du début desannées 90 en Californie puis, ça a atteint Montréal en 1995 et la France en 1998. J’ai passé ma thèse au Canada à un moment où il y avait une effervescence des sociétés de biotechnologies et le fait d’avoir baigné dans ce tsunami des biotechnologies m’a poussé à m’engager dans cette voie. En effet, quand je suis revenu en France, juste après ma thèse, c’était avec l’idée de reproduire ce que j’avais vu là-bas; cela n’existait pas en France. A ce moment là, en 1997-1998, c’était le tout début. J’ai démarré une première entreprise, Biométhodes, qui existe toujours. Cette société, je l’ai fondée et dirigée pendant dix ans.

BTP: Quelles ont été les étapes marquantes de la fondation et du développement de Global Bioénergies?


M. D.:
La première étape fut mon partenaire, Phillipe Marlière, c’est un des pionniers dans le domaine de l’ingénierie du métabolisme et de la biologie synthétique. Il avait une idée particulière, celle de fonder Global Bioenergies. Cependant, il n’avait pas les ressources et les moyens de la mettre en oeuvre. Nous avons donc décidé de faire équipe ensemble car nous avons une bonne complémentarité, lui dans la créativité, la vision et moi, j’ai acquis la capacité de diriger une société au quotidien, de la faire progresser. Puis, il y a tout ce qu’il faut pour faire d’une idée une société, des brevets, des levées de fonds, des réussites expérimentales, de la construction d’équipe. Les brevets sont le seul moyen pour nous de faire prévaloir notre mission.

BTP.: Quels ont été les défis à relever dans la réalisation de ce projet ?


M.D.: Ils sont multiples. Il y a des défis scientifiques, la levée de fonds financiers n’est jamais facile. Nous l’avons fait pour la partie recherche, maintenant il faut le faire pour la partie industrialisation car nous arrivons dans le processus de développement.

BTP.: Quelles sont, pour vous, les principales qualités d’un entrepreneur ?

M.D.: Il faut avoir plusieurs cordes à son arc. Etre un bon scientifique, c’est nécessaire mais ce n’est pas suffisant. Il faut être à l’aise dans tous les compartiments du jeu : la science, la propriété intellectuelle, la finance, le business, les ressources humaines… Cela regroupe un éventail complet et où chacun de nous a des forces et des faiblesses. C’est un sujet de polyvalence. Il est important aussi d’avoir une bonne résistance, c’est essentiel car la vie est dure ! Il faut être capable de gérer les succès et les échecs sans être trop atteint.

BTP.: Quel regard portez-vous  sur les biocarburants actuels (recherche, production, débats environnementaux) ?

M.D.: Il y a un environnement concurrentiel assez compliqué car il se lie avec plusieurs dimensions. La ère dimension, c’est quelle est la ressource utilisée. Nous parlons beaucoup de la concurrence de l’agriculture à vocation alimentaire et l’agriculture à vocation énergétique ou agrochimique qui est amenée à s’installer dans le 21 ème siècle. Actuellement, il y a beaucoup de travaux afin d’essayer de trouver des moyens pour ne pas utiliser des ressources à vocation alimentaire. Premièrement, en utilisant les déchets végétaux et deuxièmement, en utilisant la photosynthèse directement, c’est-à dire les microalgues. Dans les deux cas, ces filières ne sont pas industrialisées et notre procédé permettrait de se brancher en aval de n’importe quelle source de carbone, donc nous ne voyons pas cela comme des concurrents mais plutôt comme un soubassement technico-économique. Cependant nous suivons cela avec beaucoup d’attention. Maintenant, si l’on regarde nos vrais concurrents, ce sont ceux qui font des hydrocarbures à partir de sucre. Ils sont quatre aux Etats-Unis, ils sont un peu plus avancés que nous avec des procédés plus complexes et plus industrialisés que nous…mais nous sommes les seuls à avoir un procédé reposant sur un gaz. Ce qui présente l'avantage de dépasser la limite habituelle due à la toxicité des produits s'accumulant dans le réacteur, et évite aussi l'étape de distillation.

BTP.: Qu’est-ce qui a permis le caractère innovant de la fabrication du procédé d’isobutène ?

M.D.:
Il faut d’abord regarder ce qu’il se fait ailleurs pour répondre à cette question. Il y a 10 000 ans, le procédé éthanol fut inventé. Jusqu’en 1900, il n’y a pas d’autres bioprocédés qui sont développés. Au cours du XXème siècle, d’autres procédés furent créés où des micro-organismes naturels étaient utilisés pour produire des composés d’intérêts industriel. L’étape suivante fut de faire de l’ingénierie de ces micro-organismes. L’idée était de partir d’une voie métabolique qui transforme le glucose en composé qui existe déjà et de l’améliorer. Les molécules sur lesquelles nous travaillons, les alcènes légers, posent une difficulté nouvelle car les micro-organismes n’en produisent pas, il n’existe donc pas de voies métaboliques naturelles. Il a donc fallu concevoir et mettre en oeuvre une voie métabolique complètement nouvelle. Ainsi, la production d’enzymes qui n’existent pas est totalement innovante et je pense que c’est vraiment un pas nouveau vers un monde différent.

BTP. : Pour conclure cette interview, quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux élèves de Sup'Biotech qui, à la suite de la réalisation des Sup'Biotech Innovation Projects (SBIP), souhaiteraient atteindre la phase de dépôt de brevet et se lancer dans la création d’une start-up ?


M.D.: Il ne faut pas confondre la fin et les moyens ! Déposer un brevet, c’est un moyen, ce n’est pas un but ! Il ne faut pas s’inscrire dans la continuité des choses naturelles, dans l’ère du temps. Il faut sortir des clous habituels ! Agir un peu à contre-pied du monde d’une certaine façon!
L’entrepreneuriat n’est pas quelque chose de balisé. Il faut prendre les choses en main, écrire son histoire par rapport aux cursus et aux institutions existantes. Institutionnaliser l’entrepreneuriat, à mon avis, cela ne peut se faire que dans une certaine limite. L’entrepreneuriat reste une initiative individuelle.

Propos recueillis par Céline Lecanelier, promotion 2013

 

 

Photo: Globalbioénergies

Biocitech fête la science!


 Le 23 octobre dernier, le parc Biocitech (Romainville, Seine Saint Denis), qui regroupe 25 entreprises de biotechnologies, a participé à la 19 ème édition de la fête de la science. 
A cette occasion, les entreprises du site, secondées par des étudiants de Sup’Biotech, ont présenté leurs activités au grand public, venu visiter les anciennes écuries, partie historique du site.

Le parc Biocitech a pour particularité de regrouper un grand nombre de petites et moyennes entreprises biotechnologiques  du domaine de la recherche et de la production pharmaceutiques, de la bioinformatique, de l’environnement ou d’autres domaines touchant à la santé humaine.


Pour organiser cette fête de la science, le parti pris a été de réaliser des posters et d’organiser des animations autour de la vie scientifique des entreprises du site. Le public a pu, de façon  ludique et pédagogique, comprendre et échanger autour des biotechnologies et les innovations qu’elles apportent.

 



Romain Joblin

Pour plus d’informations sur la fete de la science, consulter le site du ministère de l’éducation nationale  http://www.fetedelascience.education.gouv.fr/delia-CMS/presentation/

Pour plus d’informations sur le parc Biocitech: http://www.biocitech.com

L'apport des biotechnologies dans la synthèse de l'arôme de fraise


Dans les aliments, les arômes sont présents sous forme de composés volatiles en très faible concentration. Les produits naturels représentent plus des deux tiers du marché français des matières premières aromatiques. L'approvisionnement en plantes étant incertain, le recours à la synthèse d’arômes représente une solution. L’arôme de fraise est complexe mais aujourd'hui défini. Cependant, la synthèse chimique la plus rentable de cet arôme reste toxique. Comment les biotechnologies proposent-elles alors une alternative?

La synthèse de l’arôme de fraise se fait selon un procédé plutôt complexe. Dans un premier temps, il faut isoler les volatiles majoritaires et établir leur concentration. Ceci est complexe car les techniques d’extraction et de distillation peuvent causer des dommages sur l’arôme. Grâce à la distillation fractionnée (séparation des constituants d’un mélange de liquides miscibles ayant des températures d’ébullition différentes) mise au point par H. Kollmannsberger et R.G. Berger, les concentrations des volatiles sont connues depuis 1994. L’extraction directe liquide-solide établie par J. Sanz la même année et qui est un procédé de solubilisation des composants solubles, en détermine les 3 furanes majoritaires (4-(Hydroxy ou methoxy)-2,5-dimethyl-3(2H)-furan-3-one, 2-furfural et 2-furancarboxylique.).

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Dans un second temps, l’identification et la quantification des résultats est indispensable. La chromatographie en phase liquide à haute performance, technique de séparation analytique, ou la résonance magnétique nucléaire, qui permet une analyse chimique et structurale, sont des solutions pour connaître la structure des 3 furanes établis. J. Sanz a quantifié ces résultats par le couplage avec une spectrométrie Ultra-Violet. Enfin, l’évaluation sensorielle couplée à un appareil quantifieur, dégage le composant majoritaire. I. Zabetakis et M. A. Holden ont démontré en 1995 que le 4-Hydroxy-2,5-dimethyl-3(2H)-furan-3-one, commercialement connu sous le nom de furanéol, est le composant majoritaire, responsable du goût de fraise.

Synthèse du furanéol

Il existe plusieurs voies chimiques. La première synthèse établie est celle de M. A. Briggs qui s'appuie sur la base de l'acide tartrique comme source naturelle, mais donne un faible rendement. Les plus industriellement intéressantes sont protégées par des brevets, telle la méthode de G. Buchi et E. Demole, qui est la synthèse la plus utilisée actuellement. La procédure est rapide et basée sur le 2,5-dimethoxy-2,5-dimethyl-dihydrofurane. Son rendement est de 50 %. La société Unilever, elle, réalise la synthèse de la 4-hydroxy-2,5-diméthyl-2,3-dihydrofurane-3-one à partir de sucres.

La voie présentant le meilleur rendement, 60 %, est la fabrication selon Peer. C’est une méthode classique à partir de rhamnose, peu coûteux, en présence de pipéridine. Mais subsiste un gros inconvénient, la pipéridine est toxique, interdisant son intégration alimentaire. Pure, la substance est corrosive par contact, par ingestion, et l'inhalation de la vapeur à des concentrations élevées peut causer un œdème pulmonaire, même suite à une exposition de courte durée. Il existe cependant une alternative permettant un bon rendement sans l’utilisation de pipéridine: la voie enzymatique, qui est de plus un atout de vente car aux yeux de la loi l’arôme rentre dans la catégorie des naturels.

Cette voie de synthèse biotechnologique est basée sur un modèle ressemblant fortement à celui de la glycolyse, le mécanisme de dégradation du glucose dans l’organisme. Son efficacité est liée au temps de réaction ainsi qu'à la température, au pH et à la quantité de composants. Pour maximiser son rendement à pH 7, l’asparagine est incorporée comme catalyseur. Le choix du milieu de réaction a également une influence déterminante. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec une solution tampon de phosphate de sodium en tant que milieu réactionnel. L'augmentation de la température de réaction augmente le rendement et réduit le temps de réponse. D’autant plus que l'allongement des temps de réaction, la sensibilité à la chaleur et à l'oxydation du furanéol conduisent à des pertes de récolte dues à sa décomposition. Un temps de réaction trop long accroît aussi la formation de sous-produits, imposant donc des étapes de purification supplémentaires, synonymes de nouvelles pertes.

A la recherche du naturel

L’étude de tissus de culture de fraise par I. Zabetakis et M.A. Holden est un moyen d’optimiser la production naturelle de l’arôme. En effet, les fraises mûres sont capables de métaboliser des aldéhydes en alcools et par la suite en esters d’acide endogènes, grâce à des enzymes pas encore toutes identifiées. Les sucres, principaux composants solubles, fournissant l'énergie nécessaire au métabolisme, sont la source de carbone et agissent comme précurseurs des composés aromatiques, ici le furanéol. Dans le tissu de fraise, le taux de sucres augmente tout au long du développement. Ces niveaux de sucres stimulent la formation des métabolites secondaires, les esters dont certains sont des précurseurs clés du furanéol. Le contrôle atmosphérique sur la biosynthèse des esters de fraises a un intérêt dans l’augmentation d’éthanol, qui améliorerait la biosynthèse des esters éthyliques. Il est donc essentiel de connaître la voie de biosynthèse de la molécule cible car l'ajout de certains précurseurs de la molécule pourrait améliorer le rendement des produits.

Ces résultats sont une voie vers une biosynthèse reproduisant le mécanisme naturel.
Les avancées dans l’identification de l’arôme de fraise ont permis aux industriels de le synthétiser à des fins commerciales. Mais la voie chimique ne permet pas de l’étiqueter en tant qu’ « arôme naturel » bien qu’il s’agisse de la même molécule. Les biotechnologies sont donc d’un réel apport dans l’industrie agroalimentaire car cette voie permet la production d’un arôme naturel « légalement » parlant, ainsi de répondre aux attentes de certaines catégories de consommateurs privilégiant les aliments naturels.


Blandine AVIGNON, Karine CHAURIS, Chloé JOUBERT, étudiantes Sup’Biotech promotion 2013

Un homme bionique pour 2010


En mai 2001, un événement majeur changea la vie de Jesse Sullivan, ancien électricien de 62 ans. Il fût électrocuté et vit ses 2 bras amputés. En 2003, il collabore avec l’institut de rééducation (RIC) de Chicago, qui avec la DARPA (centre de recherche du ministère de la défense américain) met au point le premier bras bionique, Proto1. Depuis cette date, de nombreuses entreprises se sont lancés sur ce secteur.

Afin de pouvoir restaurer la mobilité, les prothèses bioniques doivent respecter 2 conditions :

1. Elles doivent exercer un contrôle cognitif sur les fonctions motrices résiduelles.
2. Un appareil doit assimiler et décrypter le message nerveux.
La première condition dépend de l’état du patient. Si celui-ci possède sur sa zone amputée des liaisons nerveuses relativement intactes, il peut contrôler à une certaine échelle les mouvements de la prothèse. Dans le cas contraire, une intervention chirurgicale est nécessaire. Les nerfs moteurs restants sont déroutés vers différentes régions anatomiques. Dans le cas du bras bionique, la réinnervation chirurgicale connecte les nerfs du moignon aux nerfs moteurs des muscles thoraciques.

78058135.jpgLa complexité des prothèses bioniques repose essentiellement sur le respect de la deuxième condition. En effet, chaque action exécutée par le corps humain dérive de plusieurs neurones du cortex moteur. Le neurone est composé d’un soma, partie centrale, d’un axone, prolongement long, mince et cylindrique du corps cellulaire, et de dendrites. La transmission de l’influx nerveux est due à une modification de la perméabilité membranaire des axones. L’influx nerveux est également analysé. Le contrôle cognitif des membres artificiels pour des mouvements simples, comme empoigner, est réalisé par une interface cerveau-machine. Cette interface se compose d’une électrode de surface EMG, qui dans le cas du Proto1, capte les signaux myoélectriques et les transporte jusqu’au membre artificiel. L’amputé accomplit alors un mouvement de l’épaule pour que le bras se déplace en réponse au signal. L’inconvénient des électrodes de surface est leur résolution. Pour permettre au bras artificiel de se plier ou tourner le poignet, l’utilisateur devait accomplir des mouvements grossiers qui activaient des actions préprogrammées. Le Proto2, développé par la DARPA en collaboration avec DEKA R&D (New Hampshire) vise à accéder au cortex moteur du cerveau grâce à l’implantation d’électrodes IMES (Injection Myoelectric Sensors) dans l’avant-bras. S’ajoutent une batterie, et un accumulateur qui amplifie et transmet le signal au microprocesseur. Celui-ci, décryptant le signal grâce à un algorithme, va à son tour transmettre l’information aux moteurs. Le Proto 2 est capable d’effectuer 27 mouvements et comprend une main dotée de 22 moteurs à chaque articulation. Il a remporté le « Popular Mechanics 2007 Breakthrough Award »

Les prothèses bioniques ont le potentiel pour être la solution pour les amputés. Les patients possédant une prothèse bionique ressentent la sensation de toucher et retrouvent des gestes élémentaires du quotidien, l’un des désagréments étant d’apprendre à s’en servir. En 2002, les limites physiques des prothèses bioniques étaient la maîtrise de la prothèse par la pensée. Lors des phases de tests, sur un total de six patients, un seul est parvenu à contrôler sa prothèse par la pensée. Après l’opération, un an de rééducation est nécessaire. Cependant, l’inconvénient majeur du bras bionique est son coût, qui le rend inaccessible au grand public. Ainsi, Proto1 coûtait 70 000 $ et Proto2 100 000 $. La Société écossaise Touch Bionics commercialise des bras bioniques pour le prix de 10 000 €. En 2009, elle sort également sur le marché Pro-Digits des doigts bioniques d’une valeur de 38 000 à 50 000 €. Enfin, le patient n’est pris en charge que partiellement. En plus du coût de la prothèse s’ajoutent les frais hospitaliers et tous les frais concernant l’entretien de la prothèse (qui doit être fait tous les six mois) et la rééducation.
Une alternative aux prothèses bioniques serait les greffes bio artificielles de membres. Cependant, ces types de greffes posent plus de problèmes que celles d’un organe interne. De nombreux patients après une amputation développent des troubles d’ordre psychiques, car il est plus difficile pour eux d’accepter l’organe greffé dans la mesure où ils le voient au quotidien, donc sont susceptibles de se questionner sur ses origines. L’obstacle psychologique peut même être infranchissable chez certains, à l’image d’un patient greffé d’une main qui a décidé de se faire amputer de sa nouvelle main plus de deux ans après l’opération…


Les effets secondaires à long terme sont les plus connus, à savoir tous les troubles psychiques liés aux amputations : les sensations fantômes ou douleurs fantômes, les douleurs idiopathiques du moignon. Cependant, la majorité de la communauté scientifique considère que les facteurs psychologiques seuls ne peuvent expliquer la douleur fantôme. Les études de Richard A. Sherman et de son équipe (Madigan Army Medical Center, Washington) ont montré que des facteurs psychologiques comme le stress, l’anxiété ou la dépression, pouvaient influencer la douleur fantôme sans en constituer la cause.
Les progrès de la médecine permettent de considérer le corps humain comme un assemblage de pièces détachées. La question ne se pose plus. La réalité a dépassé la fiction : l’homme bionique de la célèbre série « L’homme qui valait trois milliards « est déjà parmi nous…

Monique Olima - Valérie Zoa – étudiantes de Sup’Biotech, promotion 2013

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